On connaît l’enfance de l’art : en ce jour de la rentrée scolaire coïncidant avec l’anniversaire du retour à la république française, nous savons avec le romancier Louis Pergaud, l’instituteur tombé sur un front de la Grande Guerre et l’auteur de La Guerre des boutons, que la paix demande autant de génie, d’effort, de fidélité qu’un art toujours perfectible…

En 1962, La Guerre des boutons le prouve à l’écran avec une saine audace, une croustillante simplicité, passant par des chants si militaristes, des plaisanteries ou des erreurs si grossières et des jeux si graves que deux clans villageois peuvent apprendre l’autonomie après l’hostilité, la démocratie après la tendresse et la discipline avant la réconciliation !

L’humour et l’amour du réalisateur réalisent alors en noir et blanc, sur toutes les notes de la terre au ciel, sur tous les tons de l’ivresse à la générosité, à tous les âges de la classe unique ou de la commune rustique, les couleurs où se fondent les amitiés constructives et, par là même, où se tisse l’Union dans la diversité sous le nom d’Europe. Peut-être l’enfance de la paix renaît-elle chaque jour de l’attention accordée au plus petit exercice scolaire, au moindre geste professionnel : “L’attention extrême est ce qui constitue en l’homme la faculté créatrice”, écrivait Simone Weil dans l’ouvrage posthume intitulé La Pesanteur et la Grâce en 1948.

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