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Cathédrale de Strasbourg, croisillon sud en travaux : tout en haut du Pilier des anges, on aperçoit le Juge de miséricorde, cliché Théâme.

Famille, amis ? Au début du XIIIe siècle semblent s’épanouir en fertile floraison des enfants de la même trempe, mais aux visages merveilleusement différents.

Voyez d’abord ces deux évangélistes, Marc et Jean, converser dans la pierre en frères, entre amis, peut-être même avec nous encore, mais surtout avec Celui dont ils sont les témoins : déjà tout là-haut et pourtant ici, comme un doux Capitaine Il dirige les grandes manœuvres et nos petits travaux, de nos cercles restreints à l’élan de l’entrain.

Derrière eux, est-ce un aveugle écran tout blanc ? Pour des chantiers toujours en cours ? L’écriture par le mouvement qui définit le cinéma semble préfigurée sur cette toile. Car elle laisse respirer, dans sa voilure tissant l’allure, les rêves les plus fous : du gothique rayonnant aux Ordres mendiants, à la transmission de la rédemption – mieux, à la paix sur la terre, qui fasse taire la guerre.

Quand le Pilier des anges eut élevé haut et fort, avec autant d’audace que de grâce, le nouveau croisillon sud de la vieille cathédrale, saint François venait de fonder dans le feu de l’espérance l’ordre non seulement des Franciscains, mais aussi de l’essor humain, sur cette prière :

Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix. Là où il y a de la haine, que je mette l’amour. Là où il y a l’offense, que je mette le pardon. Là où il y a la discorde, que je mette l’union. Là où il y a l’erreur, que je mette la vérité. Là où il y a le doute, que je mette la foi. Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance. Là où il y a les ténèbres, que je mette votre lumière. Là où il y a la tristesse, que je mette la joie. Ô Maître, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler, à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer. Car c’est en donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on trouve, c’est en pardonnant qu’on est pardonné, c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie.

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Or la devise latine des Frères prêcheurs nés quelques années plus tard consonne avec cette oraison dans un clair horizon : “Contemplata aliis tradere”, “les réalités contemplées sont à diffuser”.

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Si l’émission des Dessous des cartes semble faire partie de nos familles téléspectatrices, c’est qu’il faut, à la suite de son inépuisable créateur et producteur – même et surtout s’il vient de disparaître, Jean-Christophe Victor, nous adonner au jeu de société qui consiste à comprendre en citoyens, puis agir selon les Larges-Vues du devenir eur-opéen. La paix ne peut être celle des tyrans : ensemble, au contraire, elle nous va tirant vers les cimes de l’estime qui s’instruit, qui conduit, par une étincelle simple et fraternelle.

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http://www.jeanmarcmorandini.com/article-362945-l-animateur-de-l-emission-le-dessous-des-cartes-sur-arte-jean-christophe-victor-est-mort-a-montpellier.html

Or tout commence par la famille, chassant humblement tout geste qui ment, faisant fleurir chaque ramille, comme le prouve le roman composé pour la jeunesse par Erich Kästner, Das doppelte Löttchen récemment difusé par la même chaîne franco-allemande Arte sous le titre Charlie et Louise.

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L’amitié dont la douceur libère, quel chantier ! Il y faut une Mère qui donne son Enfant pour que la paix prospère encore à travers l’an.

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Chapelle St-François, à l’hôpital de la Robertsau : sculpture d’Albert Erny, cliché Théâme.

Car, si “l’on ne négocie certes pas avec la vérité”, nous dit un nouveau film consacré à saint François sous le titre “L’Ami“, “la fraternité est le nom de Dieu”, dans le souffle de la miséricorde où chantent ensemble toutes nos cordes.

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http://www.cinezik.org/critiques/affcritique.php?titre=ami-francois-dassise-et-ses-freres

Depuis 800 ans, il faut des règles pour construire, mais aussi garder joyeuses, des maisons de réconciliation et des familles d’amitié. Bonne année nouvelle donc à nos familles comme à nos amis !

Et “que la peur n’empêche pas, comme le souhaite “L’Ami”, de pacifier le mal”,  à partir de ce jour de l’an 2017, en la fête de Marie, mère de Dieu, en la Journée mondiale de la Paix.

 

2 Replies to “La famille et les amis.

  1. Il paraît, si je puis ajouter mon grain de sel au seuil de cette année nouvelle, que François d’Assise vécut à la même époque que Rûmi… Et j’ai cru comprendre qu’ils se sont même rencontrés, chacun ayant entendu parler de l’autre comme d’un homme de grande valeur. J’aurais tant voulu les voir, ces deux amis, de la même famille… élargie !

    1. Merci, Marie, de nous remettre sur la piste du soufisme. En quelle langue se seraient parlé ces deux mystiques ? En latin peut-être ?…
      Mais ces rencontres spirituelles entre des êtres exceptionnels qui s’estiment et s’admirent même de loin n’élargissent-elles pas nos tentes familières en portant plus haut, plus profond, le fécond (mé)tissage des cultures ?

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