Capture d’écran : le “Brody’s Band” chante en famille et en français “La Tendresse”.

Nous le savons par le “direct” exorcisant le mal infect : nous sommes en partance, vers la solidarité vivant de conCOMITance, de simultanéité. Nulle sécheresse dans ce mot savant : seulement la noblesse de ceux qui vont bravant l’injustice, gravant dans leur cœur la promesse, tous ENSEMBLE AVANÇANT comme alliés d’un roi, comme des COMTes se moquant des contes et des comptes… Alors d’autres sons sans nombre dans l’ombre montent, la chanson entendue dans l’enfance, du fond de l’espérance : la voix de Bourvil nous sort de l’exil.

“On peut vivre sans richesse
Presque sans le sou
Des seigneurs et des princesses
Y’en a plus beaucoup
Mais vivre sans tendresse
On ne le pourrait pas
Non, non, non, non
On ne le pourrait pas

[…]

Quelle douce faiblesse
Quel joli sentiment
Ce besoin de tendresse
Qui nous vient en naissant
Vraiment, vraiment, vraiment

Le travail est nécessaire
Mais s’il faut rester
Des semaines sans rien faire
Eh bien… on s’y fait
Mais vivre sans tendresse
Le temps vous paraît long
Long, long, long, long
Le temps vous parait long

[…]

Quand la vie impitoyable
Vous tombe dessus
On n’est plus qu’un pauvre diable
Broyé et déçu
Alors sans la tendresse
D’un cœur qui nous soutient
Non, non, non, non
On n’irait pas plus loin

Un enfant vous embrasse
Parce qu’on le rend heureux
Tous nos chagrins s’effacent
On a les larmes aux yeux
Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu…
Dans votre immense sagesse
Immense ferveur
Faites donc pleuvoir sans cesse
Au fond de nos cœurs
Des torrents de tendresse
Pour que règne l’amour
Règne l’amour
Jusqu’à la fin des jours.”

La Tendresse, paroles de Noël Roux et musique d’Hubert Giraud, 1963.

Revers de la médaille Delamarre d’après schéma de Teilhard : reproduit dans l’ouvrage de Claude CUENOT, “Teilhard de Chardin” dans la collection “Ecrivains de toujours”, Editions du Seuil, 1962.

Quelle trouvaille couve et travaille pour ne pas laisser le confinement désœuvré, mais pour que l’accord soit recouvré, pour que la chorale dresse une spirale et que les talents, à travers le monde tressant une ronde, ne restent pas lents ! De manière quasi concomitante parurent des études palpitantes, sur le Père Pierre Teilhard de Chardin montrant l’univers ouvert comme un jardin qui pousse au souffle d’une grâce maîtresse, sans que rien le presse sinon la tendresse. En direct comme en différé, formons un équipage porté par ce sillage, soyons parés à virer :

“SEUL L’AMOUR, pour la bonne raison que seul il prend et joint les êtres par le fond d’eux-mêmes, est capable, – c’est là un fait d’expérience quotidienne, – d’achever les êtres, en tant qu’êtres, en les réunissant. […] L’Humanité ; l’Esprit de la Terre ; la Synthèse des individus et des peuples ; la Conciliation paradoxale de l’Elément et du Tout, de l’Unité et de la Multitude : pour que ces choses, dites utopiques, et pourtant biologiquement nécessaires, prennent corps dans le Monde, ne suffit-il pas d’imaginer que notre pouvoir d’aimer se développe jusqu’à embrasser la totalité des hommes et de la Terre ?” P. TEILHARD DE CHARDIN, Hymne de l’univers, Editions du Seuil, 1961.

https://www.youtube.com/watch?v=Cz6yCmWFuV8

One Reply to “La concomitance : toujours en partance.”

  1. Quelle affectueuse saisie de notre Tendresse de Bourvil et de minuit dans les fenêtres de Théâme ! Oui, ce LONG, LONG, LONG, LONG épouse bien le sourire de notre confinement à tous. Un sourire qui parfois s’affaisse tout comme nos faces tour à tour tombent et se relèvent. Il est toujours beau de donner naissance à l’ouvrage quand le temps semble en sous-oeuvre. Le billet de Théâme devient alors un billet doux qui monte, monte, monte éperdument jusqu’au soleil et trouve en un amour plus haut que nous sa convergence, comme le suggère Teilhard de Chardin. Le coeur soudain privé, l’hôte du désert, redevient alors le coeur fortuné, le coeur agrandi, le diadème. Que ce diadème, concomitant à la mortelle couronne, nous élève et nous sauve !

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