Regardez-la venir de l’autre côté du Rhin et des siècles, ici en porcelaine de Saxe jusqu’à l’Alsace du XXIe siècle, relevant le défi des forces colossales qui l’enlèvent et, comme un mât, relevant la tête : à force de vouloir voir plus loin qu’un précipice nocturne ou des larmes de peur, elle transforme en forces nautiques l’encolure taurine, en forces graphiques l’hiéroglyphe colossal, en sourires espiègles la pâleur et les fleurs de l’exil, en course irrésistible un but invisible, enfin le sens du contact fraternel en un fidèle pacte !

Car Europe est spirituelle ou elle n’est pas.
Or elle est spirituelle par son esprit plus fort que les clivages, par ses plaisanteries changeant en hospitalité les rivages : le souffle de son âme réveille, réchauffe et rafraîchit ; son économie est plus précieuse que l’argent ; sa démocratie enfin sait pulvériser les clans pour harmoniser les gens.
Donc elle est : mieux, elle renaît, construisant notre paix, puisant dans l’aurore pour nous des trésors, nous appelant dans son élan.

Alors, la bourse ou la vie ? Choisissons la vie, ou la bourse ET la vie, d’après le titre d’un film de J.-P. Mocky où jouait Fernandel, mais pour refuser les excès de trafic, voyageur si possible, en tout cas financier : avec Europe qui sans fin se dégage et nous délivre des forces ténébreuses, optons ensemble pour LA COURSE ET LA VIE !

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