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Parfois, des chapelets de cadeaux échangés semblent égrener les matins qui nous mènent à la Nativité, puis à l’Épiphanie, versant – pour contredire une des Illuminations d’Arthur Rimbaud face aux larmes de la haute merune éternité de chaudes joies.

C’est d’abord une amie qui aurait pu se prénommer Épiphanie et qui finalement porte aussi bien son prénom de “Vraie Image” que son nom de “Paix”, Véronique Selme. L’humour décapant que régénère chacune de ses tribulations transforme effectivement toute épreuve en aventure neuve, rafraîchissante même pour le lecteur sous cette alerte plume vive : le pire n’est jamais sûr, du nouveau peut advenir, par la rencontre d’une eau de source venue de très loin. Celle-ci métamorphose le boulet en un ballon touchant – contre toute attente, mais par divination, par la musique résiliente et par l’amitié pétillante – au port où, d’après la dernière ligne de ce Récit, bat la vie, ombre et lumière confonduesÉpiphanie l’aime désormais telle qu’elle s’offre.

Deux mois auparavant, François Cheng l’affirmait également :

LA VRAIE GLOIRE EST ICI.

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La vraie gloire est ici, mais

Nous passons à côté.

Il suffirait pourtant de se laisser guider par un dieu de souvenance

qui est aussi dieu d’advenance .

Voilà quelques années, une Hongroise elle aussi octogénaire et revenue de loin, a publié la simple méditation jaillie en elle de l’enfer concentrationnaire.

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hennekein.com

Il existait aussi ceux qui avaient l’espoir dans le regard. Ces regards m’ont aidée à tenir debout.

Ensuite, quand le cauchemar d’Auschwitz se déchira sur le Concerto pour violon de Brahms, le soleil devait frissonner devant ce spectacle. Ce jour-là, j’ai juré de vouloir rester en vie. Pour dire aux hommes qui oublient de rester vigilants.

Une voie patiente mena Magda Hollander-Lafon Des ténèbres à la joie : en effet, l‘intuition, c’est l’intelligence de la vie. C’est l’inspiration, qui ne vient pas de nous, mais qui nous invite vers la lumière.

Elle prêta l’oreille alors à la Source qui résonne dans le nom reçu de son mari : Sans verbe, la phrase n’a pas de sens. Sans le Verbe, ma vie n’a pas de sens. Ainsi, le silence ensemence le monde intérieur. Ce sont des moments de grâce qui font naître à la beauté. Car le silence écoute chanter la vie.

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Fabienne Verdier et la ligne du son, letemps.ch .

En nous appelant discrètement à sa suite elle avoua : Je n’ai pas fini d’explorer la nuit, de drainer son épaisseur pour l’amener au commencement de la parole.

Dans notre vie comme pour Brassens, il fait souvent froid, il fait souvent faim  ; mais il suffit parfois de quatre bouts de bois ou de quatre bouts de pain pour que recommencent à l’infini la diaphane mélodie ou la secrète apparition qui révèlent l’essentiel. Parmi les étrennes amicales qui nous entraînent doucement vers l’Épiphanie – toujours à venir – affleurent les mots, les notes, d’Alice Sommer-Herz, dont l’été cordial flotte et trotte encore devant nous.

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Alice Sommer-Herz au piano, literateur.com .

Des camps de la mort, elle s’était également libérée avec un amour plus ardent et plus fort pour la vie infinie – même si les sous-titres sont incomplets dans ce document vidéo : “La musique, c’est Dieu.”

2 Replies to “L’épiphanie est infinie.

  1. De tels êtres sont des porteurs d’humanité, ils enchantent notre monde.
    Je suis persuadée que nous sommes entourés d’êtres infiniment précieux, infiniment discrets qui pourraient nous irradier aussi, si nous savions les regarder et laisser du vide en nous pour ce regard.

    1. Oui, des trésors en silence palpitent autour de nous : écoutons, regardons, agissons, pour saluer, donc sauver, ensemble des pépites d’âme et de vie. L’harmonie, tu le sais, est l’amie de la paix.

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