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http://www.badische-zeitung.de/freiburg/weltkindertag-mit-viel-spektakel-im-seepark–127524514.html

Jour de l’enfance à Fribourg demain :

“Weltkindertag”, nous annonce Eurojournalist(e).

Près de deux mois avant la Journée Internationale de l’enfance fixée au 20 novembre, il n’est jamais trop tôt pour songer à cet âge sacré, profané, mais vécu par tout un chacun chaque matin dans l’enfance du jour…

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Estival instant matinal, cliché Théâme.

Un titre de l’écrivain Colette nous y fait songer aussi : La Naissance du jour évoque notamment la mère de l’écrivain.

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http://pmcdn.priceminister.com/photo/Colette-La-Naissance-Du-Jour-Livre-866839111_L.jpg

Elle se levait tôt, puis plus tôt, puis encore plus tôt. Elle voulait le monde à elle, et désert, sous la forme d’un petit enclos, d’une treille et d’un toit incliné. Elle voulait la jungle vierge, encore limitée à l’hirondelle, aux chats, aux abeilles, à la grande épeire debout sur sa roue de dentelle argentée par la nuit. Le volet du voisin, claquant sur le mur, ruinait son rêve d’exploratrice incontestée, recommencé chaque jour à l’heure où la rosée froide semble tomber, en sonores gouttes inégales, du bec des merles. Ma mère montait, et montait sans cesse sur l’échelle des heures, tâchant à posséder le commencement du commencement… Elle quêta un rayon horizontal et rouge, et le pâle soufre qui vient avant le rayon rouge; elle voulut l’aile humide que l’abeille étire comme un bras. (Colette, La Naissance du jour, 1928.)

Même face aux horizons maussades ou apparemment bouchés, gardons cet élan du jour et de l’humour, comme les auteurs du blog “Les Grecques”.

D’ailleurs, parmi les Grecques gravées dans notre mémoire, Iphigénie (en Aulide) représente l’enfance où l’avenir se pense moins qu’il n’avance, de l’innocence au salut en passant par le sacrifice.

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Une scène du film de M. Cacoïannis, http://a142.idata.over-blog.com/600×340/3/01/25/75/WESTERN-22/IPHIGENIE–4-.jpg

Par ses changements et déplacements, Iphigénie devenue prêtresse en Tauride incarne bien la fidélité du cœur toujours en mouvement de libération, pour garder à la personne sa dignité qui rayonne contre les plus fortes adversités, de la naissance à l’espérance, en construisant clairement la cité. De même, l’Orientale Europe nommée “Crépuscule” dans sa langue natale, devenue en Grèce une source d’énergie et de rencontres amies au pont de s’appeler “Larges-Vues”, est décrite comme une “figure de passage” par l’historienne Marie-Françoise Baslez et nous mène à des résiliences qui soient de fécondes alliances.

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La jeune Europe arrive en Crète : vase attique de la Villa Giulia (Rome) illustrant l’ouvrage de Jean-Baptiste Duroselle “Histoire de l’Europe” (1990), cliché Théâme.

Obscurément et constamment à son œuvre de lumière, l’esprit écrit, puis sécrète une fête pour la diffuser sans jamais l’user, comme l’affirme Baudelaire en définissant, dans Le Peintre de la vie moderne (III), une puissance étymologiquement unie à la naissance :

Le génie n’est que l’enfance retrouvée à volonté, l’enfance douée maintenant, pour s’exprimer, d’organes virils et de l’esprit analytique qui lui permet d’ordonner la somme de matériaux involontairement amassée. C’est à cette curiosité profonde et joyeuse qu’il faut attribuer l’œil fixe et animalement extatique des enfants devant le nouveau, quel qu’il soit, visage ou paysage

L’enfance de l’art serait-elle… l’art de l’enfance ? Zola semble s’être astreint autrement aux exigences de la création, appliquant à la lettre la formule qui court de Pline l’Ancien à Jean-Paul Sartre et qui réapparaît dans le film Cézanne et moi : Nulla dies sine linea, Nul jour sans ligne

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Paul Cézanne, “Paul Alexis lisant à Emile Zola”, http://societe-cezanne.fr/wp-content/uploads/2013/12/151-69-70.jpg

Et, de fait, chaque jour nous offre ses lignes à suivre en pas qui dansent ou pensent, “claires comme le mistral” pour reprendre une réplique pensivement lancée à Zola par Cézanne dans le même film.

Au creux heureux de ce grandiose paysage, l’helléniste Jacqueline de Romilly  s’émerveillait Sur les chemins de Sainte-Victoire

Il faut l’avouer : je ne ferais pas un détour pour acheter une botte d’iris chez le fleuriste ; mais je fais volontiers des kilomètres pour la seule récompense de voir – juste de voir ! – ce miracle de vie jaillissant au flanc de la colline. (Jacqueline de Romilly, Sur les chemins de Sainte-Victoire, Julliard, 1987.)

À la lumière et dans la ronde des fêtes qui rendent une indicible gloire à des Visages aussi radieux qu’invisibles – ceux des archanges, de Jérôme, de la “petite” Thérèse qu’égrène le fil de ces jours-ci, refaisons ensemble fond sur l’enfance : plongeons dans l’aurore toujours en partance.

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Paul Cézanne, http://www.larousse.fr/encyclopedie/data/images/1312364-Paul_C%C3%A9zanne_la_Montagne_Sainte-Victoire_vue_des_Lauves.jpg

 

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