Extrait de la vie de Jean le Baptiste représentée dans l’HORTVS DELICIARVM
et reproduit par Robert Gall dans le cloître du Mont Sainte-Odile.

Dans l’ombre, Elisabeth a tressailli derrière la porte quand sur la tablette un nom a jailli, qui la rend plus forte au décours de ses ans : “Il s’appellera Jean”. Ainsi Zacharie à Marie s’allie : sans avoir senti dans sa chair l’amour, leur jeune cousine donne le jour au Maître de la vie, qui tout réconcilie pour l’éternité dans la vérité.

Ruines du Birkenfels.

Au bout des arches de notre marche, les ruines s’ouvrent tout grand sur le ciel : comment l’air peut-il être substantiel ?

Suite de la vie de Jean-Baptiste dans le cloître d’Odile.

C’est que le martyre du dernier prophète, qui fut également le premier ascète du monde à venir, fait surgir un beau jeune homme hors du mur, doux et sûr.

Ruine de Sainte-Marie de Niedermunster.

Ainsi les vestiges qu’on avait crus morts soudain nous dirigent en montrant le nord… Il a suffi d’une très jeune fille, dont ensuite on allait dire la Conception immaculée, pour que de nouveau scintille comme à la première aube la Création.

Basilique de Sainte-Odile : le tabernacle.

Alors la naissance, grâce à la clé de la Croix qui pivote avec nos poids, retrouve une enfance de délectation et de protection, un matin sans déclin, bref : une attache sans nulle tache, sans excès trop bas, sans défaut trop haut, exempte des humaines faiblesses, car tressée de divine tendresse.

Stèle Saint-Léger du XIIe siècle : les abbesses de Hohenbourg,
Herrade avec Relindis, demandent la grâce de la force
aux pieds de Marie et de son enfant Jésus.

Ainsi le Sauveur et consolateur que met sans cesse au monde la pureté féconde accueille tous les pèlerins au creux de Son cœur souverain.

A l’entrée de la salle des Pèlerins accueillis au Mont Sainte-Odile.

2 Replies to “L’attache sans tache.

  1. Nativité, guidez les insoumis qu’ils découvrent leur base, l’amande croyable au lendemain neu : juste exergue de René Char pour ce billet évoquant des nativités inespérées. Elisabeth qu’on disait stérile enfante Jean, et Marie qui n’a pas connu d’homme enfantera Jésus. Sa propre naissance est apocryphe, la nativité sans tache de Marie est la cachette d’Anne sa maman, ressortie du silence évangélique. Zacharie lui aussi est entré dans le silence réparateur de son trop peu de foi, un silence laveur de la tache incrédule. Honneur à ces femmes qui enfantèrent le Royaume, telle encore Odile au Saint Mont, telles ces abbesses qui portèrent sur leurs épaules une église parfois convulsive. Oui, l’air est la substance du ciel, et de toute ruine renaissent de plus éternelles demeures, si bien que nous sommes, éternels pèlerins, à la fois attachés à la terre et détachés vers le ciel. Heureux détachement au terme duquel chacun recevra la couronne de vie, toute tache effacée, toute larme essuyée.

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