Dallage du narthex subsistant de l’abbaye de Marbach.

Marbach est une porte : donnant, après destructions, depuis mille ans ou presque sur une musique impossible à rendre mutique, même sous la pluie ou les dangers. Car elle continue d’engranger sur une colline qui ruisselle une Bonne Nouvelle éternelle.

Avant un concert organisé contre vents et marées sanitaires dans l’abbaye de Marbach.

Alors l’Amour et la Vie d’une femme vont entonner la chanson d’oraison, d’horizon, pour que batte le cœur de la rentrée, pour que la vue et la voix se ragréent.

Lamia Beuque accompagnée par Judith Gauthier le 30 août à Marbach interpréta généreusement Robert Schumann, Joseph Haydn, Francis Poulenc

Quand devant le piano s’entrouvrent les vantaux, Ariane la Crétoise et Clara la Lipsienne chantent l’amour plus fort que la noire obsidienne ou la guerre éventrant grands et PETITs PAYS.

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La paix naît et dure si le peuple obéit à la justice dont l’existence est divine, mais qui repose sur nos rives et collines, pour peu qu’elles se tournent vers le ciel : il garde tendrement et l’amour et la vie, car l’amour est la vie dans sa simple harmonie confiée au souffle de l’Esprit providentiel.

Détail du Codex Guta-Sintram créé dans le cadre de Marbach : Manegold de Lautenbach avait fondé ce monastère double après avoir défendu un révolutionnaire contrat social
et spirituel contre les exactions de l’empereur germanique Henri IV.

One Reply to “L’amour e(s)t la vie.”

  1. Lire PETIT PAYS et sans doute voir le film qui en a été tiré, c’est se confronter aux dragons du monde, aux “taureaux de Basan” qui le menacent et à l’inextinguible violence qui continue à y courir, à avaler nos enfants. Le Rwanda aux mille collines n’en a pas fini de guérir… La Rwandaise Scholastique Mukasonga a elle aussi écrit un livre bouleversant évoquant cette violence qui court, sournoise, jusque dans un pensionnat de jeunes filles catholiques. De son NOTRE-DAME DU NIL, Atiq Rahimi a aussi tiré un film, avec cet angle de vue particulier et particulièrement pénétrant. Les deux sont des portes. Or, à l’heure des barrières, nous avons besoin de portes. La musique nous ouvre les siennes, qui demeurent aux prises avec tout le risque, toute la beauté. On ne peut vivre toujours en sourdine, une abbaye le sait, et dans ses murs la cantatrice est sans masque. Il importe que quelque chose en nous demeure sans défense et que l’Ephata de Jésus n’ait pas été pour rien prononcé. N’est-ce pas ce dont le doigt en forme d’archet du personnage sur la miniature du codex semble vouloir nous avertir? J’invente entre les deux ce fragment d’un dialogue : Nos oppresseurs sont-ils sévères ? Toi, joue et dors, que je mesure bien nos chances… mais je ne veux pas t’exposer… alors restons encore, et qui pourra nous dire lâches???

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