http://www.bernieshoot.fr/2016/05/odysee-cousteau-wilson-niney-tautou.html

À l’heure des sécheresses qui de partout nous oppressent, il était bel et bon de suivre les plongeons de l’hommage par l’image au commandant Jacques-Yves Cousteau, controversé comme tous les héros : car, depuis Homère, les odyssées même amères nous retrempent les idées. Sans quoi, la terre perd ses nerfs, voire sa chair. Mais aux vieux crochets rouillés de la guerre se soustraient les spirales des fougères. Si l’âme en grec désigne un SOUFFLE FRAIS, PSYCHÉ (ΨΥΧΗ) puise dans l’onde et les reflets de l’eau le rythme de la course et l’inspiration de la source.

Vieil-Armand (Hartmannswillerkopf) : spirales de mort et de sève au Silberloch (Trou d’Argent).

Le sanglant “Trou d’Argent” ne paralyse pas les brises ni les couleurs coulant sans heurts. La matière immobile voudrait nous rendre agiles malgré la pesanteur, et redresse les cœurs.

Wattwiller, Fondation François Schneider : Nana Europe” en “Star Fontaine” par Niki de Saint Phalle.

Il nous faut monter l’escalier liquide sous le mystérieux appel qui nous guide.

A la Fondation François Schneider, Céleste Boursier-Mougenot.

Les formes naviguent calmement sur le ciel, écoutant la prière d’un silence essentiel… L’âme dès lors nage dans d’autres parages : sous la pluie, l’azur semble être plus sûr.

Céleste Boursier-Mougenot à la Fondation François Schneider, été 2019.

Et, sous les pentes de la charpente, un chant s’élève, changeant le deuil en un seuil pour de nouveaux accueils.

Ballet de coupes sur piste liquide à la Fondation François Schneider : les coupes flottent dans le ciel comme, d’après Cousteau, les corps volent dans l’eau.

Déjà l’oubli quitte nos modestes gîtes : le souvenir sait retenir bien fort l’espérance loin des flaques rances. En cette fête de Dominique, citons de Georges Bernanos l’évocation de son ÂMe AniMée par l’eau vive de la sainteté : “Le pauvre nomade, au cœur de ses déserts de sable, dressé à disputer au sol, pour lui et ses bêtes, un mince filet d’eau bourbeuse, a peine à croire qu’il est toujours un pays des fontaines, et que ce sera de nouveau pour ses lèvres et ses mains ce jaillissement glacé, ce bondissement plein d’écume et d’azur.” Un autre grand saint contemporain de Dominique, frère François, bénissait le Seigneur en italien pour notre “sœur l’Eau, si utile, humble, précieuse et pure”  : Laudato si, mi Signore, per sor aqua, la quale multo utile et humile et pretiosa et casta.

Jeux de pluie à la Fondation François Schneider.

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