Disque Compact, Disque Versatile et Digital : le CD, le DVD, nous font trouver la quadrature du cercle, soulever de l’obscurité les couvercles, brûler les planches en crevant les écrans, pulvériser les limites et les crans.

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Avec délices, Théâme a pu ces derniers jours remonter ainsi le temps vers la poignante Iphigénie de Cacoyannis et d’Euripide, tournée en plein air solaire en 1977, ou vers la Messe de l’Europe.

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Citée dans ce blog par un récent billet, cette création à quatre mains de C. Bernard et M. Wackenheim permet à sa manière de commémorer même sur un simple matériel individuel le Traité d’amitié franco-allemande en nous envoyant “semer la paix sur les sillons de la violence”. Et que dire du film d’animation de Jean-François Laguionie intitulé Le Tableau, qui vous entraîne hors des “barrières” pour citer son céateur, dans la lumière ? Nous pouvons désormais nous rendre à l’invitation musicale de visiter, sous la baguette du chef devenu compositeur Jean-Paul Penin, le Paris des années Trente et ses harmonies ardentes qui vous donnent des fourmis dans les pieds, mieux : la chance de vous émerveiller, car les yeux découvrent, sur les pas des oreilles… C’est au fond du savoir que l’invention s’éveille !

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Parfois le talent fait donc exploser les cadres  pour mieux fédérer des envies, pour libérer des énergies. Telle est la joie que Théâme éprouve depuis quelques jours selon sa vocation, ouvrant les discrets coffrets magiques où dormaient les disques féeriques, laissant le théâtre imprégner l’âme ; car souvent les arts du spectacle, par la technique et ses miracles, se joue des pesanteurs, dynamite les limites et les change en senteurs : dès lors  s’écarte tout obstacle.

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Quand un chef d’orchestre change de direction, recréant le passé dans une dilection qui fait vivre et mieux suivre les pistes du présent vers l’avenir dansant, c’est un plaisir de parcourir des constellations nouvelles, des routes qui se révèlent, des voies lumineuses de clavier telle une eau claire sur le gravier, ou simplement les canaux qui ruissellent et les trottoirs qui, moins gris, étincellent. Alors les quartiers parisiens deviennent soudain musiciens, explorant d’autres itinéraires sur un rythme de ronde ternaire, entre Moussorgski et Jean Wiéner, de la gouaille qui vous fouaille à la douceur d’une autre ampleur, jusqu’au cœur sensible – et jusqu’aux chœurs possibles.

Les pâtés de maisons restent piétonniers : la présence et l’aisance évoluent dans un style primesautier. L’on ahane ou l’on flâne tour à tour, au grand jour entre les rues qui remuent drues, ou très tard en départs. Minérales, verticales, parfois les parois brutales dégagent un doux regard.

Une allée envolée, un essor d’air et d’or : le val se creuse, la valse heureuse s’en va, les joues en feu, jusqu’aux aires de jeux, des sages gammes aux oriflammes, toujours aux aguets et gaie sur les quais mélodieux. Mais l’odieux va-t-il disparaître aux pauvres fenêtres ? Un cri s’écrit ; une pente monte et chante où les doigts n’ont plus froid : la fontaine pure et pleine murmure. Courants contradictoires nous contant ses histoires, le fleuve puissant porte les passants pour qu’ils habitent mieux leurs vieux sites et qu’ils construisent des cités contre la sourde absurdité.

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Les pas de la promenade guérissent le sol malade : Paris encore sourit d’aurore. Sur le parapet sautent les projets qui réconcilient et qui se relient. Soudain, la dérision meurt sous la décision : au bord, l’accord s’élève de la sève jusqu’à l’afflux des rêves. Du commencement agile, imminent, l’orchestre a pris l’allure dépassant les fêlures. Voici : la baguette du chef passe dans un mouvement bref, efficace avec grâce. L’horizon s’est ouvert ; l’avenir en concert se transforme : dans toute Rencontre, c’est l’infini qui vient et se montre. Au soleil du souvenir, l’espérance va mûrir, et les plus délicates des touches vous embarquent dans leurs bateaux-mouches. Allons, quittons au moins d’un ton les cadres trop ladres, puisqu’à la modernité s’entrouvre l’éternité. De ces douze morceaux reste une devinette : pourquoi donc sont-ils treize en titre de pochette ? Mais la valse a repris sa rotation sans prix…

 

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