La dernière soirée de l’année 2012 s’est illuminée d’écrans qui nous font monter d’un cran dans l’humanité plus que dans le temps.

Le bassin d’Austerlitz au pied de la Cinécité s’est d’abord constellé d’oiseaux et d’enfants, comme le chantait O. V. de L. Milosz qui complétait cet acte de foi : “Il n’y a que les oiseaux, les enfants et les saints qui soient intéressants”.

Précisément, après le personnage théâtral de Marcel Achard, plus loin que la chanson toujours jeune sortie du XIXe siècle, qu’E.T. l’Extra-Terrestre attiré par sa patrie céleste, que le Pen Duick baptisé du même nom que lui, Jean de la Lune et de Tomi Ungerer nous entraîne grâce à l’irrésistible animation franco-germano-irlandaise de Stephan Schesch dans une contrée sacrée et pourtant familière.

Car “Seul on va plus vite, mais à deux on va plus loin”, nous suggère Tomi Ungerer : à son nom déjà répond un Musée, mais il conserve une mine amusée. Cette enfantine et divine région est celle du cœur, et les pages du conte s’enrichissent à l’écran de développements biculturels inédits, de danses en mouvements, mieux : d’une fraîche voix grave et chère d’outre-firmament, qui montre l’ami comme une vraie maison, le pouvoir comme une trahison, la position fœtale de nos rêves comme la situation natale de la sève, et l’éclat des ombres comme l’oxymore de tout Pacte, ou comme l’alchimie de Toutel’équipe, comme encore la magie de la musique venue de la lointaine Amérique… Que la lune soit féminine en français ou masculine en allemand, elle évoque l’ange invisible et le Messie toujours sensible.

Autre occasion de clore les rétrospectives et de lancer la prospective dans le sillage de Tomi Ungerer – voire d’Europe, le Journal d’ARTE de cette Saint-Sylvestre 2012 fut à nouveau, miraculeusement, bilingue : joie d’ouvrir l’actualité, puis la nouvelle année, par le dialogue en action !

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Et voici, après Jean de la Lune revisitée, Plus Belle la Vie non pas démythifiée, mais plus lisse que ses coulisses, capable de superposer à des scénarii assouplis par l’invention amie la généreuse énergie de ceux que Marivaux appellerait des acteurs de bonne foi : en équipe et pour eux, sans tomber dans une tentation démiurgique, on compose, on propose, on écrit un destin ; le fou rire, loin de l’entraver, l’humanise et lui donne chair. Bref, avec le sourire complice où les merveilles s’accomplissent et durent, “on usine de l’art” comme Tomy Ungerer et ses jouets à mystères…

De Jean de la Lune aux gens de la vie, de Théâme aux appels de nos amis, belle année 2013, entre la fidélité vibrante et la nouveauté, la fraîcheur et la braise…

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