Quelles découvertes savoureuses sont à signaler en ce jour qui s’ajoute à l’année bissextile, sous la gravure créée par Gustave Doré pour le bon géant Pantagruel !

La première date déjà de février 2011 ; elle est due à la plume de conteuse tendre et lumineuse que manie Irène Frain : “La Forêt des 29” nous fait traverser le temps, rencontrer l’Inde éternelle, saisir littéralement l’instinct d’harmonie qui lie l’homme à la nature et qui sauve encore le monde.

 

L’autre merveille, sa jumelle et son pendant, vient de paraître en ce mois de février 2012 : “Journal d’un corps” signé par Daniel Pennac allie émotions et jubilation, l’indicible et le tragique, le clinique et le comique, le métaphysique et le physiologique (index final compris), l’humour et l’humain, en un journal parfaitement original, simple et direct, où les profondeurs de l’improbable mariage entre le corps et l’esprit nous relancent dans les labyrinthes de la vie, où la fiction nous invite à la réalisation de notre propre existence, aussi fragile que splendide, où la lucidité se fait dansante courroie de transmission et pacte d’espérance. C’est un journal non pas intime, mais attentif au devenir aussi personnel qu’universel, où chaque jour devient silence de présence, soupir de sourire  et cri de résistance.

Pour en susciter le goût, il suffirait sans doute d’en copier quelques lignes. “51 ans, 1 mois, 12 jours – Vendredi 22 novembre 1974 – Je traverserais trois fois Paris à pied après certaines journées de travail ! Ravi par ma démarche si bien graissée, chevilles souples, genoux stables, mollets fermes, hanches solides, pourquoi rentrer ? Marchons encore, jouissons de ce corps en marche. C’est le bonheur du corps qui fait la beauté du paysage. Les poumons ventilés, le cerveau accueillant, le rythme de la marche entraînant celui des mots, qui se rassemblent en petites phrases contentes.”

 

De grands écrivains itinérants, de Manegold à Bernanos en passant par Rabelais, Molière et Rousseau, se reflètent joyeusement dans cet accord du style et du souffle, nous redonnant l’élan de la patiente course en avant, où le corps reste, vaille que vaille, le nourrisson de l’âme décrit par Rabelais au chapitre XIII de son “Tiers Livre” !

 

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