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Nicolas Gob et Daniel Prévost dans le film de Didier Le Pêcheur “La Loi de Simon”, https://ssl-ds.static.rtbf.be/image/media/object/default/16×9/1248×702/3/a/4/3a43d9f95a8786d3f7e7a710fda9dcf5.jpg

Titre étonnant, vous direz-vous, qui semble nous tirer vers Alice ou Superman. C’est que la réalité n’en finit pas de nous déconcerter. “La vérité ?… Vous n’avez rien vu !”, entend-on répéter par un acteur à succès dans un tout récent téléfilm : La Loi de Simon mérite le détour – peut-être difficile à “finaliser” sur la Toile en différé – jusqu’à des images quasi bernanosiennes où l’entourage qui se complaît dans le noir ou la noirceur fait d’autant plus ressortir la clarté du personnage accusé comme de la réalisation, tout en rendant passionnante, voire bouleversante, cette création de Didier Le Pêcheur. Parfois, même prisonnier du feuillage ou des fils électriques, un message peut se frayer la route, fût-elle rance, à travers notre opaque indifférence.

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Bâle-Riehen : aux abords de la Fondation Beyeler, cliché Théâme.

Ainsi nous pouvons ne rien voir, surtout pas la vérité. Mais un ordre invisible nous guide avec une invincible douceur en portant son faisceau de vive lumière sur nos relations les plus sclérosées. De même, par les peintres la grâce jusqu’à nous glisse et jamais ne passe, lorsque l’enfance rayonne, pour toujours et pour nous, sur une toile avec amour.

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“Les jouets du petit Walter” (1912) : Auguste Macke à la Fondation Beyeler, cliché Théâme.

A. Macke en 1912 semblait méditer sur ces rapports de l’inspiration et de la figuration : “Des idées incompréhensibles s’expriment en formes compréhensibles”. F. Marc et V. Kandinsky, ses amis formant avec lui ce fringant “Cavalier bleu“, lui ouvraient le pas et la voix en proclamant dès 1911 : “L’œuvre dans son ensemble, ce qu’on appelle l’art, ne connaît ni frontières ni peuples, mais l’humanité”.

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“La Montagne bleue” (1908-1909) : W. Kandinsky à la Fondation Beyeler, cliché Théâme.

Cette danse invincible de l’invisible et du souffle créateur inspire à Kandinsky  Du spirituel dans l’art et dans la peinture en particulier (1912, 1954, traduction de l’allemand par Pierre Volboudt en 1969, rééditée en 1989) cette affirmation : “Le mouvement simple que rien d’extérieur ne paraît motiver cache un trésor immense de possibilités”. Est-ce que nous serons de bons amateurs d’art au point de devenir moteurs d’autres départs, puis d’accorder des victoires visibles à l’invisible, mais insistante, impulsion de l’harmonie ?

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“Die grossen blauen Pferde” (1911) : Franz Marc à la Fondation Beyeler, cliché Théâme.

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