Fortuite, mais amicale, alliance entre araucaria, rose immortelle
du Petit Prince et de Fleurs et nature, broderies de Joëlle Kraemer,
le Ried de Roger Gothscheck et une orchidée strasbourgeoise.

La douleur taraude. Mais, si – par la grâce du point – le fil beige au rouge se joint, l’aiguille ravaude… Quand s’en est allé, de larmes voilé, le visage de Véronique, avec son tissu de douceur tendu, vers l’autre Visage, christique, tout à coup la mort recule et se change en étrange essor d’invisibles anges. Infiniment, un secret se confine et, sous nos dénuements, se devine.

Pauses sous voile, de Françoise Saur, page du 4 novembre 2020, au début du second confinement.

Dès lors, des feuilles rassemblées inertes – au rebut -, le salut, résolvant d’apparentes pertes, ressort, et soudain nous délivre de notre peur de vivre : faut-il un couvre-feu pour rallumer le jeu ?

Ciel mulhousien du 3 février 2021, où le feu des couleurs célestes ne peut être couvert…

Mais voici qu’un linge simple rattrape la tardive maturation des grappes au pressoir de nos soirs, alors que les murs de novembre ont fini d’épaissir nos chambres.

Pauses sous voile de Françoise Saur, page réalisée le 10 novembre 2020
comme le vin eucharistique ou des vendanges tardives.

Qu’ainsi le ciel et ses bourrasques brodent nos jours, malgré nos masques, avec mille fils d’amour en un réseau non pas flasque, mais limpide et substantiel !

Ciel mulhousien du 3 février 2021, dans les braises du couvre-feu, remuées par l’élan d’Europe
qui change, sans pouvoir en finir, son crépuscule oriental en Larges-Vues à venir.

One Reply to “Infinie broderie.”

  1. Merci, Théâme et Françoise Saur, pour ces pauses où le voile est pure délicatesse invitant à la pudeur du geste de Véronique… Alors, grâce à cette douceur de regard, nos visages sous le masque – au lieu de se sentir sous muselière – s’éprouveront voilés, effleurés par la caresse d’un linge de compassion. Au mal qui taraude et à la main qui répare et ravaude, j’adjoindrais volontiers le bienveillant anonyme de la maraude, poète social de l’ombre, sorti pour voiler la nudité des pauvres qui n’ont ni draps ni laines. Oui, il est grand “temps de rallumer des étoiles” : nos cieux parfois le promettent et parfois le rouge d’une rose, le grain gonflé de la grappe ou le baguenaudier… qui baguenaude et nous sourit. Viendra-t-il, le Fiancé qui soulèvera le coin du voile ? Et en fera la voile de Son voilier ?

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