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J’ai vu naître l’Europe.

“L’universel est promesse”, affirme d’emblée Sophie Allaux-Izoard dans l’avant-propos de son entretien avec Paul Collowald. Cette “aventure européenne”, il y a pleinement participé comme le rappelle Jacques-René Rabier, ancien directeur de cabinet de Jean Monnet : “Je ne l’ai pas mis au monde, mais je l’ai pris au Monde“. De fait et comme pour répondre à l’invitation d’un autre Paul, Claudel lui-même, Paul Collowald sut œuvrer au nouveau “Serment de Strasbourg“, dans un profond et fécond “désir d’Europe”. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce qu’Edgar Morin ait paraphrasé la définition de “la fin” par T. S. Eliot comme “l’endroit d’où nous partons” en lui dédicaçant en ces termes son Penser l’Europe : “A Paul Collowald, qui est parti du bon commencement”. L’ouvrage s’achève d’ailleurs par une pressante ouverture : “Il n’est pas trop tard, mais il est grand temps”, appuyée sur le texte intégral de la Déclaration Schuman de 1950 et sur le discours prononcé par Pierre Pflimlin en 1997 à Strasbourg. On sait par ailleurs que la piété s’exprimant de manière artistique autant que populaire témoigne, non loin de cette capitale et par l’ex-voto, des guerres et des réconciliations dont le théâtre fut la plaine d’Alsace, par exemple sur la colline de Hohatzenheim.

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Pietà du XVe siècle à Hohatzenheim (Bas-Rhin), cliché Théâme.

Dictionnaire amoureux de la Méditerranée.

Une même “aventure” semble sous-tendre les événements qui se déroulent depuis des millénaires à la surface et sur les rivages de la Méditerranée, si toutefois dans ce foisonnement historique, politique et culturel nous tenons consciemment le fil que connaît bien Richard Millet, l’auteur de ce Dictionnaire amoureux, mais qui n’y apparaît pas dans toute la netteté de sa fonction : de la Phénicie au Liban, de l’inépuisable alphabet jusqu’à l’indispensable paix. Où  sont donc passés entre ces pages le mythe et l’énergie appelés Europe ? De La Bible arrachée aux sables à Zizim le résistant, un lien aussi puissant que discret nous tient pourtant prêts à toutes les alliances possibles et nécessaires : l’écriture simple, commode, démocratique, jaillie de la même source phénicienne sous trois formes successives et dans trois directions complémentaires, hébraïque, grecque et arabe, pourrait enfin devenir également un outil de compréhension humaine et dynamique entre des communautés qui se croient juxtaposées alors qu’elles s’enracinent dans une même force de communication !

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Revenons à la capitale de l’Europe qu’est de droit et en devenir Strasbourg, toujours en quête d’un meilleur ajustement de l’harmonisation exigée par l’Europe. Or cette construction passe, comme nous l’avons suggéré ci-dessus à propos du pèlerinage de Hohatzenheim, par le soin mutuel, par le pardon radical, par la constante réparation, qui s’exercèrent à travers les siècles, tant bien que mal, dans cette métropole frontalière. Ce n’est donc peut-être pas un hasard si, dès 1857, la congrégation de Marie Réparatrice fut fondée dans ses murs ni si ces filles, ces sœurs et leurs cœurs, surent à la ronde rayonner d’active fraternité, d’attentive charité, sur les divers continents.

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Strasbourg, rue Sainte-Elisabeth, archi-strasbourg.org .

Entretiens avec Françoise Siri.

Partout, nous dit François Cheng, la poésie peut “nous réenraciner dans l’être”, grâce au souffle qui “est à la fois physique et spirituel”, à la beauté qui “nous réapprend à aimer”. Cependant, “il faudrait élargir notre vision” même sur la vie et la mort pour être “partie prenante de l’aventure”, telle EurOpe aux LargesVues, entraînée sans cesse plus loin dans la vérité, plus profond dans le courage ; car elle a, de manière symbolique autant que technique, transmis à l’EurOpe cette vocation, formée précisément par cette appellation et cette mission : élargir son action solidaire à sa vue toujours plus nette et claire. Dès lors, l’Europe est en mesure de grandir après être née : elle figure parmi les autres fruits comme “un microcosme qui répond au macrocosme de l’univers vivant”, mais qui en a reçu la belle, humble et redoutable responsabilité.

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cultura.com

 

 

 

 

 

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