Les générations se régénèrent en amont comme en aval, pour peu que la dernière arrivée accueille la première, pour peu que l’aînée salue en son jardin les nouvelles pousses chantantes et souriantes, parmi les fraises de braise nées des inlassables genèses, dans le sillage d’Eur-Ope dont la jeunesse ne cesse de relancer notre Vaste-Vue… ni d’essayer d’élargir notre cœur solidaire.

Dès lors, les sortilèges laissent place aux brassées de prairie ou de prière partagées, à l’action de grâce espiègle – à l’intérieur ou hors du cadre des règles, à tous les étages, de l’odorant sous-sol aux combles frémissants, par-delà les facétieuses inventions conjuguées en 1925 par Colette et par Maurice Ravel dans la fantaisie lyrique “L’Enfant et les sortilèges”.

Ainsi les frais souvenirs se font une place délicieuse entre caprices, maléfices et services, entre le désordre et l’ordinateur, dans une mémoire plus spacieuse qu’une armoire, pour un avenir prêt à courir, mûrir, chérir et finalement offrir.

Victor Hugo, l’ami de l’amour, de l’enfance et du génie, n’a-t-il pas à juste titre écrit dès 1830 : “Lorsque l’enfant paraît, le cercle de famille / Applaudit à grands cris” ?

A la suite du précédent billet “Humour et fantaisie”, c’est bien l’éclosion du langage en musique et danse que nous contemplons dans ce grand enfant qui émerge, fantasque, à la lumière de tous les échanges, au jeu de toutes les paroles, à l’envol tant verbal qu’intergénérationnel ou bien artistique.

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