Cité ouvrière de Mulhouse, intersection de la rue Monthyon et du passage Bleu :
sous la pluie on peut lire sur la carrosserie de la camionnette
“Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde”.

Il y a 130 ans, une encyclique fit un bruit qui résonne encore fort, dans un roman comme dans notre monde réel… “Pour avoir une idée de ce que fut l’accueil fait à Rerum novarum dans les milieux ouvriers, écrivait dans LE MONDE Philippe Chalmin, il suffit de relire les paroles que Georges Bernanos prête au curé de Torcy dans Le Journal d’un curé de campagne, publié en 1936 : Nous avons senti la terre trembler sous nos pieds… Cette idée si simple que le travail n’est pas une marchandise soumise à la loi de l’offre et de la demande, qu’on ne peut spéculer sur les salaires, sur la vie des hommes… Ça bouleversait les consciences.” Est-ce par cette onde de choc ou par la merveille de l’art signé Théodore Deck qu’un oiseau garde son souffle sur une ruine d’usine désaffectée – avant qu’elle ne soit soufflée ?

Guebwiller, rue Jean-Baptiste Weckerlin.

De même, l’ombre portée du bonheur est un visible, indéfectible, cœur jusque sur les barreaux d’une école où les enfants calmes décollent avec leurs dessins: sans masque ni frasques, étanches sans fin.

Créations sur les thèmes Bonheur et Joie affichées aux grilles
de l’école Jean de La Fontaine à Mulhouse.

Passant devant une boîte à lettres voisine, une école privée déjà se “déconfine” : on croirait même que Victor, comme chargé des correspondances et des juvéniles connaissances, lui montre un poétique port !

A Mulhouse, avenue Clemenceau, surgit devant nous Victor Hugo.

Parfois les cimetières s’ouvrent sur la lumière : voyez soudain le pur-sang libre – en tout cas frémissant !

Entrée orientale de Lautenbach, rue de Colmar.

De couleurs, quelle haleine abreuve ainsi les plaines ? En ce dimanche des communications sociales, vienne une paix de communion ! Il y a un mystère autour de vous, tentait de nous dire Bernanos en 1939une présence ineffable, un esprit. Vous êtes sacré, comme l’enfant, ne vous fichez pas de ce que je dis. La Parole du Christ vous enveloppe à votre insu, parce que vous êtes dedans, vous vivez dedans avec votre misère, misérables, et qui se soucie de l’air qu’il respire avant qu’il ne manque à ses poumons ?

Autour de Vauthiermont, champs de colza.

Ensemble sachons, “là où nous vivons” – selon la prière officielle, moins obsolète qu’essentielle, pour une béatification de Robert Schuman – garder le globe hospitalier et vert : qu’entre l’Ascension et la Pentecôte souffle l’Esprit, dans sa tendresse haute… Puisque hors du Souffle point le salut, afin que cette aurore jamais ne s’évapore, lançons-nous vers un fraternel début !

Panneaux de signalisation mulhousienne, rue Marc Seguin, avec la touche
de Pierre Fraenkel détournant une citation de Cyprien de Carthage.

2 Réponses de “Hors du souffle point de salut…

  1. Si la mer est rouge aux abords de Mulhouse, la ville au salut plein d’humour, c’est que dans les grands champs la bordant on faisait sécher les teintures rouges des toiles du chanvre cultivé d’abondance dans ses plaines humides. Alentour intensément, de mer jaune sont les colzas, autant que les blés de Van Gogh et, au lieu de se profiler sur les Alpilles, ils moutonnent sur fond de Vosges : qu’un souffle les anime et l’on dirait bien les vagues d’une mer. Noir est le cheval sur fond de verdure drue et les enfants des écoles se souviennent aussi de la couleur en coloriant des visages. Bleue est la vareuse de Victor, ce chantre des grands cieux et de la légende des siècles et de l’art plus tendre, en son temps venu d’être grand-père. Tombe-t-il, l’oiseau sur le mur, comme l’alouette de René char??? “Fascinante, on la tue en l’émerveillant… Nous tombons, dit encore ce poète qui a l’éclair au front. Je vous écris en cours de chute. C’est ainsi que j’éprouve notre état d’être au monde.” Mais vienne l’Esprit, le Souffle, et ce sera une fois encore l’ascension dans la lumière et ce changement que nous deviendrons pour mieux aimer le monde.

    1. Merci de ces précieux apports, chère lectrice “charienne”. Et nous pouvons citer également Ingebord Bachmann : “Tous ceux qui tombent ont des ailes.” D’ailleurs, en grec ancien la racine PT (!) permettait d’exprimer aussi bien la chute que l’envol, que nous retrouvons dans “hélicoPTère” ou “PETale”. Qu’ascensionnelles donc soient nos chutes sous le vivant souffle du vent !

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