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Exposition “Médecins déportés” : Aula du Palais universitaire à Strasbourg, 25/11-4/12/15, cliché Théâme.

Adélaïde vite devenue Haïdi a déjà illuminé les colonnes de Théâme ; or elle semble bien être de retour à l’Université de Strasbourg qui fut la sienne. Cette psychiatre, née Haas au Hohwald (Bas-Rhin) en 1906 dans une famille de pasteur, vécut ensuite longtemps à Guebwiller ; une fois diplômée, elle soigna ses semblables dans son pays, non sans signer jusqu’au bout de l’Europe, de la Résistance et de la déportation ses actes de foi dans l’humanité, certes éprouvée et défigurée par les pires excès d’une barbarie organisée, mais définitivement réparée par le suprême don d’un Dieu dont l’action est Pardon.

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Palais universitaire jusqu’au 4/12/15, cliché Théâme.

Ne tardez pas : en ce couloir provisoire installé dans la majestueuse aula d’un Palais universitaire, en face de l’itinéraire parallèle suivi pas son confrère et son frère en courage Robert Waitz, sur ces pilotis qui vous pilotent des sueurs exécrables aux lueurs adorables, Adélaïde Hautval vous attend encore en son rayonnant silence jusqu’au 4 décembre, par-delà l’ignominie et la mort.

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Croquis d’Adélaïde Hautval par la déportée Aat Breur : Palais universitaire jusqu’au 4/12/15, cliché Théâme.

Dans Médecine et crimes contre l’humanité – Le refus d’un médecin, déporté à Auschwitz, de participer aux expériences médicales, sans hésiter Haïdi a dit en retraçant, avec un soupir et après plusieurs internements en camp juif, sa première expérience du cachot pour résistance à l’inhumanité : Voir un visage humain ! Très tard le judas s’ouvre – dans la prison d’Orléans le 5 novembre 1942. Quelques mois après, l’enfer d’Auschwitz la happe dans tout son être, jusqu’au typhus, jusqu’au délire, où elle se raccroche aux mailles familières et fatiguées de son pull-over comme à sa dernière bouée de conscience dans ce vaste monde.

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Palais universitaire jusqu’au 4/12, cliché Théâme.

Haïdi nous dit enfin, relatant la libération des camps où elle s’efforce d’abord de mettre les déportés en état de retour : Ce passage de la nuit à la lumière ne peut être exprimé par des mots. Avec sa devise Pense et agis selon les eaux claires de ton être, dans le sillage de sa vie redevenue ordinaire lors de la Reconstruction – mais toujours, comme déjà le prouve avec éclat sa correspondance, dévouée aux humbles en tant que médecin scolaire et membre actif d’une paroisse protestante dans la région parisienne, son exigence nous accompagne et son inquiétude nous guide ; car elle murmure sans se lasser : Vraiment la vie peut-elle être aussi simple, aussi limpide que cela ?

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Exposition “Médecins déportés” jusqu’au 4/12/15, cliché Théâme.

 

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