Mulhouse : façade peinte présentant à gauche en bas Marilyn Monroe. Non loin de là, Isadora Duncan avait été représentée en décapotable (Bugatti ?) avec son châle fatal. Encore plus près vient d’apparaître une fresque déjà célèbre et primée.

Théâme s’est laissé distraire du présent par sa mise à jour trop pressante après dix ans… Mais, en cette Chandeleur à la date remarquable 02/02/2022, elle voudrait se pencher sur une autre curiosité : remarquons les jeux possibles avec deux mots français, dans l’espoir de gagner en clarté de sens, et spécialement en sens du commun.

D’abord, il existe bien deux emplois du terme greffe dérivant du latin à partir du grec, et désignant à l’origine le stylet d’écriture. Alors que le greffe équivaut notamment à la charge de greffier, la greffe s’applique à l’insertion d’un élément vivant pour en transformer un autre, en arboriculture ou médecine.

Mulhouse : le rond-point Robert Baden-Powell suggère la greffe du nomadisme juvénile sur la circulation automobile.

Ainsi le simple acte d’écrire modifie, en profondeur oriente et nourrit, l’énergie. Le terme de somme déploie encore une autre palette… La somme est, nous le savons, une addition d’éléments semblables.

Mulhouse : sur le quai des Pêcheurs, non loin de l’école des Beaux-Arts devenue HEAR, le sol poursuit sa métamorphose azurée, cette fois par une somme d’étoffes inscrites et nouées.

Mais une homonymie la rend équivalente au fardeau qu’il faut porter, qui de ce fait accable, oppresse, assomme

Manifestation sous le poids de la pandémie.

Un seul recours reste aux opprimés : le somme, qui laisse tomber en déshérence, jachère ou ruine, au lieu de proposer une solution constructive.

Un chantier rue du Ballon, au pied de la Tour de l’Europe.

L’éclair de la liberté vient heureusement brûler, réveiller et desserrer les lèvres, rendre son envergure à la plèvre, faire souffler dans le corps l’Esprit jusqu’à gonfler la voile d’un cri !

Vocation d’Isaïe : l’ange approche de sa bouche un charbon ardent (gravure d’une Bible imprimée à Nuremberg en 1763).

De même, l’humble physalis ouvre à grand-peine, sur la pointe des mains, sa logette de graine…

Trois physalis près d’éclore.

Voici qu’un Enfant du creux du ciel fend l’espace : sa grâce souffre déjà de nos dégâts.

La Présentation de Jésus au Temple, dans la même Bible du XVIIIe siècle.

La boue de la matière, la roue de la lumière, entrent ensemble en résonance dès lors, en une harmonie plus précieuse que l’or…

Verre (notamment de marque Leonardo) et bois décoratifs : volutes sans chute.

… jusqu’à ce que les hommes soient « des arbres qui marchent » et voient sous les mots briller le beau. Que tous les greffes nous somment de transcender tous les sommes, car au Sauveur restent chers notre cœur et notre chair.

« Der Wanderer » ou le Voyageur : dans ce presse-papier en verre (portant mal sa marque Les Editions du Désastre), les arbres semblent marcher (Mc 8) sous la voûte céleste et chanter sur la terre humaine, laissant rayonner la musique de Schubert
après la récente Folle Journée de Nantes 2022.

One Reply to “Greffes et sommes.”

  1. Merci pour cette alerte « Wanderer fantaisie » entre des mots tour à tour féminins et masculins, et dont les sens entremêlés dessinent une harmonieuse richesse androgyne. La greffière que je suis parfois des homélies de notre jeune curé coréen à l’accent encore prononcé, se souvient donc de l’olivier sauvage greffé sur l’olivier franc. Ayons la et le greffe printaniers et si parfois la somme de saint Thomas d’Aquin fait entrer en somme son lecteur, n’oublions pas que « le Seigneur comble de bienfaits son bien-aimé pendant qu’il dort ». Sommons certes – en mathématiques on apprend même à sommer un nombre infini de termes -, mais sachons aussi sommeiller… Soyons aussi les tendres greffiers des plus douces greffes sur nos arbres de Vie. Qu’ils sont beaux sur cette montagne, nos beaux-enfants, fussent-ils fragiles comme nous fûmes et nous serons. Merci aux Séraphins de parfois nous visiter, et aux vieillards comme Syméon de nous apprendre l’art du « blotissement ». Qu’il y ait toujours un petit enfant à blottir dans nos bras… et nous serons sauvés. Quant à la joie du DEUX, je laisse Eluard la chanter. Elle ressemble à l’évangile qui envoie en mission deux par deux :  » Nous n’irons pas au but un par un mais par deux, Nous connaissant par deux nous nous connaîtrons tous Nous nous aimerons tous et nos enfants riront… »

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