Mulhouse, petit matin d’hiver.

Patiemment le brouillard, tandis que s’apprête de l’An neuf la fête, nous polit le regard…

Zoo de Mulhouse : enclos des ours polaires.

En adoptant une oursonne, les vieilles ourses rayonnent.

En avant, même en cage !

A se croiser, s’apprivoiser, l’on monte au belvédère voir danser l’atmosphère.

Auberge du zoo.

Les trios fraternels de gibbons se délassent et s’enlacent, se réchauffant au bord d’autres bonds.

Gibbons mulhousiens.

Au bout des ténèbres pousse un petit zèbre.

Zèbres mulhousiens.

On prend soudain dans le flou le pari joyeux et fou d’arriver ensemble à la crèche, au bon endroit, d’une enjambée de fraîche flèche avec les rois !

Famille de chameaux mulhousiens.

Alors les grands cœurs se trouent d’une allégresse qui loue, quand les jardins de Wesserling apparemment se vident, que l’hiver semble avide.

Jardins de Wesserling : à l’instar d’EUR-OPE, OUVRONS nos YEUX et notre coeur.

Mais les portes vont décoller et les barrières s’envoler.

Sur le sentier du patrimoine à Wesserling.

Le jet d’eau jubile, discret et tranquille, en babillant, libre et brillant.

Jardins de Wesserling vus de l’extérieur.

Tandis qu’il veille, le parc sommeille, Comme à Meaulnes, le rêve a-t-il glissé des mains aux fenêtres fermées et pourtant animées ? Le charme s’est-il éteint, de la fête est-ce la fin ?

Toujours dans le périmètre du château de Wesserling.

Non, le château de l’âme tressaille, car l’ardente sève y travaille : L’Esprit est dans le ciel et il remplit la terre, écrivait Basile de Césarée dont le prénom est aussi royal et la fête également aujourd’hui, Il est partout présent et n’est enfermé nulle part. Il réside tout entier en chacun et est tout entier avec Dieu. Il n’administre pas les dons en serviteur liturgique, mais il dispense sa grâce de sa propre autorité. Donc qu’infinie reste la vie !

Encore à Wesserling. La fête est à bénir, puisque toujours
à venir : que l’hiver la mûrisse et vers elle nous hisse.

3 Réponses de “Fête infinie, telle est la vie.

  1. Cela me fait penser à des poètes japonais qui mêlaient leurs haïkus à des dessins. Voici deux haïkus français que j’ai écrits : Crécelles du ciel, ô zézayantes cigales, vous sciez le temps. Le second : Du bout de sa queue, le chat me frappe à la main, je ne souffre pas.
    En souvenir des années 1970 à Strasbourg. André Léger
    *

  2. Au commencement était la Ville et son brouillard. Mais la ville a ses lisières et ses bordures. Chacune est une brèche à sa possible réclusion. Arpenter le zoo, s’ouvrir à la vie animale, c’est trouver cet angle possible de la fête, des fêtes qui augmentent le calendrier de nos jours ordinaires. Ne venons-nous pas de quitter une étable avec, non attestés, mais indispensables à nos crèches, un âne et un boeuf ?… Les chameaux ne demeurent-ils pas liés pour nous à l’épiphanie? Le tendresse des étreintes des gibbons n’éveille-t-elle pas notre nostalgie d’un temps de moindre retenue sanitaire ? Voici que la clôture d’un zoo nous parle de liberté : l’ourse déploie tel un chant sa fourrure dont la vue semble protéger du froid. Puis viennent des jardins qui semblent appeler des cadences, des sorties, des gambades en allées, des fêtes galantes. Les portes y dressent comme des appels d’air. L’esprit de fête éclaté comme un rayon de soleil éclabousse un ciel d’hiver. Il en jaillit des alléluias : tant sont poreuses et porteuses les barrières du château de nos âmes !

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