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Soir d’hiver à Strasbourg, cliché Théâme.

Sachons lever la tête   pour braver les tempêtes.

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Carrefour de Strasbourg, cliché Théâme.

Il ne faut pas laisser l’ombre nous abîmer :    en plein jour, l’étoile saura nous ranimer.

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Cliché Théâme.

Alors aux fenêtres    des ruchers vont naître.

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Galerie AIDA, Strasbourg : devant les “Jardins sucrés” de G. Nicolet-Woelfli, “Fille” et “Garçon” de M. Tora, cliché Théâme.

Il suffit de nous promener Grand-Rue pour que des cadres dilatent la vue. Car, soudain, les trois dimensions congédient peurs et dissensions.

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AIDA, oeuvres plastiques de M.-O. Wagner, cliché Théâme.

Les abeilles mêmes élisent domicile en nous tendant la clef de leurs rayons mobiles.

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Cliché Théâme.

Mais il faut attendre parfois longtemps pour que, par-dessus l’horreur de la guerre, l’amitié libère son humble chant comme un miel ruisselant sur la terre. Le Petit Prince de Saint-Exupéry dans votre cœur certainement vous sourit, avec l’impénétrable dédicace capable d’attribuer sa juste place à Léon Werth dans le récent film d’animation de Mark Osborne : à nous donc de dépasser les bornes de nos réflexes indécents, et d’assumer les ailes claires qui nous modèlent.

A Léon Werth.

Je demande pardon aux enfants d’avoir dédié ce livre à une grande personne. J’ai une excuse sérieuse : cette grande personne est le meilleur ami que j’ai au monde. J’ai une autre excuse : cette grande personne peut tout comprendre, même les livres pour enfants. J’ai une troisième excuse : cette grande personne habite la France où elle a faim et froid. Elle a besoin d’être consolée. Si toutes ces excuses ne suffisent pas, je veux bien dédier ce livre à l’enfant qu’a été autrefois cette grande personne. Toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants. (Mais peu d’entre elles s’en souviennent.) Je corrige donc ma dédicace :

A Léon Werth quand il était petit garçon.

Est-ce pour cela que la future amie du Petit Prince va dans l’Académie Werth apprendre plutôt à garder son enfance qu’à suivre des veto dépourvus d’espérance ?

Au début du conflit qui devait enfler en deuxième guerre mondiale, envolé par-dessus la France – non sur la souffrance – dans son avion de combat, Saint-Ex’ se disait tout bas : Vivre, c’est naître lentement.

Nous lisons plus bas dans cette histoire – mais avec des mots prémonitoires : La paix, qui déjà se mêle à la guerre, pourrit la guerre – des lignes de respect fraternel tracées dans un espace éternel : Un de mes amis, Léon Werth, a entendu sur la route un mot immense, qu’il racontera dans un grand livre.

Quel est ce mystérieux mot immense qui résonne, rayonne et qui pense ? En tout cas, revoici 33 Jours, journal de débâcle annoncé par Antoine l’ami Pilote de guerre. L’amour de l’âme les unissait plus que l’avoine qui galvanisait les chevaux de l’exode au fil des canaux :

Je n’ai qu’un souci : c’est d’emporter Terre des hommes. […] Parce que Saint-Exupéry y a écrit, de son aérienne écriture, quelques mots où mon amitié comme à une source se désaltère, quelques mots dont je serais fier, si l’amitié n’était au-dessus de l’orgueil.

Le mot immense est-il donc l’amitié, qui relie même au-dessus des charniers ? Comme une abeille nous ensoleille durablement grâce au travail humain, changeons le fiel en miel pour élever demain et métamorphosons en routes les ténèbres de nos redoutes. Si donc je décolle à l’aube, se promet et nous propose le Pilote de guerre, je connaîtrai ce pourquoi je combats encore. […] Car il conclut ainsi son récit :  Ma civilisation, héritière de Dieu, a fait chacun responsable de tous les hommes, et tous les hommes responsables de chacun. […]  Je comprends clairement, à cette lumière, la signification de la liberté. […] Elle est semblable à un vent favorable. Par la grâce du vent seul, les voiliers sont libres, en mer.

Un homme ainsi bâti disposerait du pouvoir de l’arbre. Quel espace ne couvrirait-il pas de ses racines ! Quelle pâte humaine n’absorberait-il pas, pour l’épanouir dans le soleil !

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Cliché Théâme.

2 Replies to “Faisons notre miel aux rayons du ciel.

  1. Une découverte, ce Leon Werth ! Je ne connaissais pas.
    Par contre, Saint-Exupéry a écrit des livres magnifiques : je pense à Citadelle, lu il y a longtemps, mais qui m’a fortement impressionnée. Je me suis éloignée 2′ de l’ordinateur : heureuse de retrouver le recueil Oeuvres de Saint-Ex’ dans la Pléiade. Evidemment, le style… paraît bien ampoulé, mais des phrases comme celle-ci p. 541

    “Force-les de bâtir ensemble une tour et tu les changeras en frères. Mais si tu veux qu’ils se haïssent, jette-leur du grain”
    seraient à garder comme maxime d’action en changeant “force-les” en “force-nous” ou “efforçons-nous”…

    1. Oui, relisons Saint-Ex’ : l’édition française posthume de son Petit Prince a 70 ans aujourd’hui sans avoir pris une ride ! Et n’oublions pas les expositions actuelles, dont ces “Petits Formats” exposés jusqu’au 20/01 à l’AIDA (Grand-Rue).

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