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A cinq ans de distance, les éditions Gallimard ont publié deux épais ouvrages traduits du néerlandais qui se complètent à merveille, sous l’image de ce qui fut la première “maison de l’Europe” : sa construction fut entreprise dès 1949 à Strasbourg pour abriter le Conseil de l’Europe.

En 2007 paraissait le Voyage d’un Européen à travers le XXe siècle de Geert Mak, partant de la “brumeuse idée d’Europe” (page 14) et aboutissant, au terme d’une enquête géographique ou sociologique autant qu’historique, à la question : “Avez-vous déjà entendu des Européens crier We are the People ?” (page 958).

Au début de cette année 2012, Le Passage à l’Europe – Histoire d’un commencement de Luuk van Middelaar nous fait certes accéder au rêve d’un paradis qui attendrait les Européens (page 69), mais élargit précisément la perspective à “Nous, le peuple de l’Europe” (page 438), et ce en jetant des “passerelles” concrètes, en perçant des “portes” réelles, en dressant des “tables” aux négociations comme à d’autres partages pour que le “choeur” grec renaisse, puis fasse rebondir l’Europe, pour que même “les chocs […] poussent l’ensemble européen à s’inventer et se réinventer” (page 473).

 

C’est donc bien de livres et de délivrances qu’est tissée l’Europe. Sur les traces d’Europe qui, dans la Phénicie du deuxième millénaire avant notre ère, s’appelait Crépuscule et qui s’entendit, chez les Grecs du millénaire suivant, comme Eury-Ope, c’est-à-dire Vaste-Vue, l’Europe reste la dialectique de la demeure et du mouvement, la pulsation de la permanence et de la dynamique, la vibration de la transmission et de la découverte : bref, sa respiration forgée par l’alphabet et la navigation, originaires comme Europe du littoral syro-libanais, a fait surgir la démocratie et sait mûrir la paix.

Il est à présent grand temps de relier aux livres l’action concertée et l’infatigable invention de la liberté solidaire, dans des lieux qui soient foyers d’hospitalité, d’échange et de création, comme celui qui se profile à l’intersection, ou plutôt à la jonction, du Conseil de l’Europe représentant plus de 800 millions de citoyens avec l’Union européenne et ses quelque 450 millions, à Strasbourg : son nom provisoire est Lieu d’Europe.

Car un tel Lieu d’Europe se révèle indispensable à la formation comme au dialogue des citoyens de tous les âges, à commencer par les actuels ou anciens lycéens d’Euroscola venant, mois après mois, des 27 pays membres de l’Union européenne siéger à Strasbourg dans l’hémicycle du Parlement européen.

Puisque l’Europe est le partage d’un bien commun à cultiver ensemble, dont tous et chacun sont responsables, nul quartier, nulle municipalité, ne peuvent se déclarer plus européens que d’autres ni davantage propriétaires d’un haut Lieu comme celui-là ; retrouvez donc quelques-uns de ses inspirateurs et concepteurs, issus de la société civile et bénévolement unis par ce projet, sur YouTube (cliquer ici) – même si ces présentations enregistrées au siège de l’APE (Association Parlementaire Européenne) sont appelées à se perfectionner – en entrant le thème “Lieu d’Europe”.

 

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