The Waste Land
poetryfoundation.org

“As he rose and fell

He passed the stages of his age and youth

Entering the whirlpool.”

Ballotté comme un ludion

Il est passé par tous les stades de sa vie et de sa jeunesse

Pour entrer dans le grand tourbillon. (Traduction de Guy Le Gaufey.)

Après avoir ainsi mis en scène l’ancêtre phénicien des marins plus courageux que malheureux que restent les Syriens dans le sillage d’Europe – la migrante fondatrice, T. S. Eliot termine son long poème de La Terre vaine (ou dévastée) par « Shantih shantih shantih », répétition du mot signifiant « paix » en sanskrit pour exprimer son aspiration à « la paix qui passe par l’entendement”. A la faveur de cette rentrée notamment littéraire, embarquons donc pour des traversées novatrices et salvatrices.

Dans LE GAUCHER BOITEUX, Michel Serres continue précisément de nous appeler à une créative réflexion qui sans cesse accorde, qui sans fin déborde :

Le penseur d’aujourd’hui dit oui à ce qui existe. Ce oui conditionne l’invention.

le-gaucher-boiteux-michel-serres
www.capcampus.com

Est-ce le mot d’ordre spontanément suivi par ceux qui tentent de fuir la guerre civile de Syrie en passant par l’Arctique, fût-ce à bicyclette ?

769845
L’Arctique comme couloir de refuge, www.levif.be .

Toujours est-il que les liens culturels nous tissent pour que durent et se développent les hospitalières pratiques transfrontalières ; en parcourant le foisonnant roman BOUSSOLE de Mathias Enard, passons inlassablement entre l’Orient et l’Occident en reconnaissant Je respire encore dans la lumière, mais en suivant le conseil : L’important est de ne pas perdre l’est, car Le monde a besoin de mixités, de diasporas, pour vivre au tiède soleil de l’espérance.

9782330053123,0-2684291
franceculture.fr

Dès lors, même les mortelles sources de nos campagnes figées et recroquevillées peuvent s’enchanter de fougue poétique, devenir fraîches, voire fraternelles, par exemple dans le nouveau roman d’Anne-Marie Garat où parfois également Les branches craquent comme des voiles de navire gonflées d’espérance

La-Source
addict-culture.com

Le petit Prince et son créateur, Antoine de Saint-Exupéry, le savent : le désert le plus désolé se change en une source de surprise et de confiance, de promesse et de tendresse, de révélation, puis de naissance, jaillissant et bouillonnant de l’humour contemplatif à l’amour qui parle en esprit, donc dans toutes les langues, entre les lignes d’Eric-Emmanuel Schmitt :

Je soupçonnais même les dromadaires de hausser les épaules en se gaussant de nous. Car, comme le souligne Michel Serres sans se lasser, les gens […] s’imaginent penser et l’homme se fait enfermer à l’extérieur, jusqu’à ce qu’il épouse la lumière, avant le moment où la Grande Lumière s’éloigne [mais où] nous ne nous séparons pas, et où au contraire Tout commence.

71qxAQc4dDL
leslecturesdepampoune.blogspot.com

Ainsi  parmi mers et déserts peut se dessiner le lieu des hommes, entre les vents de tous les dangers et les invitations à danser !

mediterranea
toutelaculture.com

“Il faudra s’entraider” : même si, depuis le début de l’exode et de la tragédie, “il n’y a pas de place”, tel est l’avis qu’exprime le patron italien d’Ayiva, ce Burkinabé courageux, vertueux, qui respire l’aube d’Europe avec la murmurante musique des moutons doux et muets, dont les yeux s’ensanglantent de larmes, mais dont le cœur reste, d’orages en oranges, aussi diamantin qu’enfantin sur les rivages de Mediterranea

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *