Du Markstein givré, vue sur le Grand Ballon et son radôme.

Connaissez-vous les carillons qui font vibrer les raidillons ? Le vieil arbre qui nous attend jamais ne chôme tant que passent siècles et saisons sur les Chaumes.

Au Markstein, herbes couronnées d’aigrettes blanches par le gel.

Est-ce gel sur les herbes ou, moins acerbes, des grains de sel qui sous le grand ciel veillent, pressentant les abeilles ?

Au souffle du soleil, l’arbre chenu cliquette de cristaux.

Le regard se dilate à l’entour du radôme. Le monde s’ouvre en grand : la porte du Royaume demande juste un peu de bonne volonté – comme à la jeune Eur-Ope le courage tint lieu de Larges-Vues sur nos rivages – pour que vers la beauté nos pas puissent monter.

Givre et brume de part et d’autre du point culminant vosgien.

Alors la ville de son givre insensiblement se délivre.

Mulhouse : le platane se divise, mais tient bon, au sortir de l’hiver rue Franklin.

Entre la source et le vitrail, entre la joie et le travail, les femmes fulminent : leurs forces culminent dans la mort des commandements fous, dans l’accord des éléments.

Eglise Sainte-Marie de Mulhouse le 8 mars 2020 : avec le reflet matinal des vitraux, une photo d’Yann ARTHUS-BERTRAND illustrant LAUDATO SI’ du pape François.

Dès lors, l’enfance prend la défense des condamnés : l’ordre est donné de brûler l’inutile, de se changer en pile d’écoute, d’attention et de tendresse, même ou surtout sous l’action du mal qui presse.

Première de couverture des Enfants de la joie, ouvrage de Claudette Combes

Ainsi les parcs tendent leurs arcs : l’âme ne peut être enrhumée, pas même sous une fumée qui certes rehausse le jeu, mais sans le rendre dangereux…

Pétanque à Pierrefontaine sous un panache de fumée.

Des gouttes de splendeur apparue s’abreuvent et s’animent nos rues : par quelle fraîcheur un foyer vient-il nous lier, nous envoyer ? Entre le givre et la fumée, la flamme demeure allumée…

La mystérieuse fumée va s’éteindre au-dessus de Mulhouse…

One Reply to “Entre givre et fumée.”

  1. Hommes de la pluie et enfants du beau temps, enfants de la joie, hommes de fumée et enfants du givre, soyez salués… Et si toute salutation contenait en germe une sotériologie ? un espoir d’être sauvés ??? Comme tout arbre en hiver contient la promesse des feuillages du prochain été ??? Ô ma petite fumée s’élevant sur tout vrai feu, nous sommes le nuage et les contemporains de ceux qui nous aiment. Fourche du platane, tu nous émeus d’être bifide. Enfants de la Joie, votre hymne ne cesse de nous ouvrir ses deux bras. Alors la terre sera vue du coeur comme ce parterre vu des hauts de Pierrefontaine, où s’amusent de grands enfants, tandis que Marie et Brassens veillent sur celui qui meurt près de sa mère, à moins qu’il ne soit sauvé… in extremis. “Ceux qui restent sont-ils pas mes amis ??? Sauvez-les !”, crie Rimbaud dans sa Saison en enfer. Il vient de l’entendre : “Le chant raisonnable des anges s’élève du navire sauveur”. Alors, chante Théâme, continue à chanter… fût-ce à travers givre et fumées.

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