Par Frédérique Reduron, Tripoli du Liban : ville où fut imprimée en 2002 “La Chevauchée magnifique d’Europe” rédigée par Martine Hiebel.

Quand elle erre entre terre

natale, mer au souffle amer

et ciel immense, sur une intense

passion divine impossible à juguler,

où donc EUR-Ope désire-t-elle aller ?

A contre-courant sur le canal de l’Ill : héron cendré dans la nuit de la ville.

Elle ne sait pas qu’elle vogue vers le miraculeux dialogue auquel elle va donner lieu par un élan plus fort qu’un dieu, quand il l’arrêtera comme une barque ou comme une éternelle marque sur le pont menant au nouveau monde, sur les fronts s’éveillant à la ronde : en EUR-Ope, nul ne reste benêt depuis que de Phénicie l’alphabet a fleuri sur les crêtes fraternelles de Crète !

Ecole mulhousienne le soir : quand les feuilles mortes deviennent plumes vives.

D’abord dans ce nom sonna le “Crépuscule”, puis vint le temps du don, de la “Vue MAJUSCULE”… Toute civilisation est tissée de migrations !

Composition d’Augustin Hiebel : quand du taureau mythique naît le premier pas de l’alphabet, ou qu’une antique supercherie débouche sur l’ample imprimerie.

Il nous faut beaucoup de patience, quand par moments ne nuit plus le mal de la nuit, pour la paix comme pour la science… Il faut des guérisons pareilles à ces fêtes où soudain les trahisons font place à la reconquête : voyez le pardon s’épanouir en tant de récents romans et de films aimants ! Laissons donc (l’)EUR-ope quitter le Crépuscule sans fin pour mettre au monde une vue MAJUSCULE.

Strasbourg, Parlement européen : “Europe à Coeur” par Ludmila Tcherina, 1984, cliché de C. Hiebel.

2 Replies to “Entre crépuscule et Vue MAJUSCULE.

  1. Bénis soient les aquarellistes du monde qui font glisser leurs couleurs modestes avec des pinceaux de songe de lumière et d’eau douce, atténuant la douleur de quelque actualité difficile du proche monde. Merci pour la parabole des noms qui incline Europe d’un crépuscule de la nostalgie à une majuscule du regard élargi. Alors nous entrons dans la grande boucle osculatrice de toute vie qui cherche encore à poindre, et que films et livres attestent, belles marches sur notre escalier d’humanité.

    1. Arte a diffusé cette semaine un bref reportage sur la mutation de la cité libanaise de Tripoli, qui s’émancipe des pressions les plus asservissantes avec une force millénaire, mais juvénile – et digne de sa grande soeur Europe née voilà plus de 3 000 ans au sud du même littoral, à Tyr ou Sidon, en Phénicie de toute manière. Quant aux films de réconciliation conjugale suggérés à la fin du billet, ils peuvent symboliser en effet toutes les conquêtes de l’aimante paix que nous espérons en notre monde de violence : comme l’indiquent les liens ajoutés à “romans” et “films”, il s’agit de l’adaptation à la scène par Yvan Attal de “Mon Chien stupide” de John Fante et du film de Nicolas Bedos “La Belle Epoque”.

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