A Dornach, un ange de lierre transforme un pylône en prière.

In Memoriam Marcel HUEBER, homme de la nature et de la marche, du rire et du partage, dont le souffle jovial fut à 91 ans coupé dans la souffrance par le coronavirus Covid-19, mais qui se sentait attendu par un paradis plus tendre que ses chères prairies.

L’automne au goût de conFINement, d’inFINi, nous tissant patiemment d’improbables nids, nous brandissant des brises comme cornets-surprises, semble hésiter entre un été clair et des fêtes de fin d’année suspendues, qui paraissent proches autant que défendues, tel un plat de Tantale ou bien le sommet de la montagne où Sisyphe rêvait de poser la pierre de son supplice et d’où toujours plus lourde elle glisse… Or voici la parabole des talents : il ne faut pas les enfouir comme un pesant fardeau qui nous entraînerait dans la chute, dans un gouffre plus fort que toute lutte, mais les faire circuler et fructifier, de paume en paume pour le Royaume, pour résister à la haine pied à pied.

La parabole des Talents gravée pour une Bible de Nuremberg (1763) par J. P. Funck (cliché d’A. Hiebel).

Dès lors jaillit l’enfance semée par la Naissance – un jour du temps – du Tout-Puissant en amour et tendresse, en fidèles promesses, changeant la plus longue des nuits en un miraculeux conduit vers la nouvelle autre, éternelle, vers l’aurore qui montre le nord (!), vers le silence enseignant l’accord, comme chez l’Eurojournalist(e) Frantisek Zvardon nous en fait le don sur une étincelante liste. Mais les amis de Théâme ne sont pas en reste, heureusement. Voici pas à pas des réalisations libératrices et des créations collaboratrices. Pour que ce soit Noël tous les jours, ouvrons notre unisson sans discours.

Trois des sept artistes interprétant Douce Nuit.

Alors, plus tenace que le lierre, la lumière jaillit de la pierre : ce n’est donc plus un morbide bloc, mais un sonore et solide roc.

Une Dalle de pierre au Trocadéro s’irise dans un PARI(S) contre la misère, avec une chanson de Jean-Yves Ragot diffusée en cette Journée mondiale de la lutte contre la pauvre.

L’amour ouvre sans fin son tabernacle : en déferlent de surprenants miracles.

Sainte-Marie de Mulhouse où respirent le Saint-Sacrement, l’Arbre dans la Bible et des flots mélodieux, assurant ensemble une permanence avant le retour de l’eucharistie : sainte Elisabeth de Hongrie protégée de la sévérité conjugale contre sa générosité congénitale.

Des roses hongroises remplacèrent les pains dans le tablier d’Elisabeth, cône prêt à braver l’interdit de l’aumône ; ainsi veille un ange sur les gestes divins. Quand la nef recueille la prière qui trotte, que l’haleine de la musique accueille et flotte, nous pouvons entendre la fraternelle voix de Georges Bernanos murmurer ou gronder, par ces temps saturés d’asphyxie, sa conviction vivement exprimée dans Nous autres Français : Il y a un mystère autour de vous, une présence ineffable, un esprit. Vous êtes sacré, comme l’enfant, ne vous fichez pas de ce que je dis. La Parole du Christ vous enveloppe à votre insu, parce que vous êtes dedans, vous vivez dedans avec votre misère, misérables, et qui se soucie de l’air qu’il respire avant qu’il ne manque à ses poumons ?

Mulhouse : couronne de chêne dans le parc Braun.

Le firmament fermement se révèle, de notre cœur chassant la peur afin qu’un souffle élargisse nos ailes et celles de l’oncle Marcel, par-dessus nos cachots mortels : Si je marche à ma fin, comme tout le monde, écrivait Georges Bernanos dans Les Enfants humiliés, c’est le visage tourné vers ce qui commence, qui n’arrête pas de commencer, qui commence et ne se recommence jamais, ô victoire !

Aurore du 15 novembre 2020 sur Mulhouse.

2 Replies to “Entre ange de lierre et Dalle de pierre.

  1. L’or du chêne rejoint les roses au tablier d’Elisabeth de Hongrie. Ses branches semblent lever des bras d’oraison, alors que les ailes dissymétriques de l’ange feuillu paraissent un peu baisser les leurs. Oui, les feuilles sont des plumes et parfois, réversiblement, les plumes sont des feuilles. Parfois nous sommes en montée, et d’autres fois en descente.. “Sunt lacrimae rerum” – “Il y a des larmes versées par les choses” -, souffle Virgile, et nous croyons que Dieu recueille en ses outres nos larmes. Larmes pour cet oncle Marcel en allé directement des érables de son EHPAD aux arbres guérisseurs de la Jérusalem céleste. Oui, les pauvres sont les premiers de nos frères : il est juste et bon de se baisser vers ce pavé des rues de Paris où certains par la vie ont été rabaissés. Devant eux, le Très-Bas et notre pape François dans “Tutti Fratelli” nous demandent instamment de ne pas passer notre chemin. Alors seulement, comme la pierre au tombeau fut roulée, la dalle sera soulevée et nous pourrons – ensemble, c’est tout – ressusciter de nos petites et grandes morts.

    1. La vie des saints nous le rappelle par le jour en général choisi pour leur fête : c’est celui de leur mort, donc de leur naissance au ciel. Est-ce le signe envoyé ce dimanche conjointement par votre préparation de DOUCE NUIT sur YouTube et par le commentaire accompagnant sur l'”Eurojournalist(e)” l’aurore boréale de Frantisek Zvardon, comme pour envelopper tendrement l’imminente naissance éternelle de l’humble oncle Marcel ?

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