Jouons un peu, si cela vous chante, avec les familles de mots qui tissent notre quotidien depuis que l’homme a quitté le mode de vie nomade pour s’installer sur la terre en sédentaire.
Si, dans la langue française, le terme de maison désigne la possibilité de rester en permanence au même endroit comme le prouvent à leur manière
le manoir ou la demeure, plus liée encore au fait de s’attarder,
le séjour ou la résidence statiques par nature,
plus simplement encore l’habitation ou le domicile connotés par la stabilité,

le premier des termes savants qui entrent dans la composition de substantifs très courants va nous offrir un autre éclairage sur cette réalité familière.

Quelle notion relie en effet les récentes créations lexicales
ECOLOGIE
et ECOMUSEE
à la vénérable notion d’ECONOMIE,

sinon la maison vue successivement comme :
l’objet d’une approche scientifique récente au service d’un environnement durable,

le sujet d’une conservation architecturale et technique en vue d’une mémoire collective,

le projet d’une gestion rigoureuse ?

De fait, nous retrouvons la racine indo-européenne d’ECO-, c’est-à-dire appartenant à la langue pratiquée de l’Atlantique à l’Indus bien avant que l’écriture ne se fasse jour, dans les vocables français de dérivation latine comme vicinal ou voisin : la maison est donc depuis toujours relation, comme le confirment les noms de la paroisse (οικος) et de l’apparemment toute jeune écoumène désignant l’ensemble des terres habitées. D’ailleurs, l’Europe ne s’est-elle pas unifiée avant, puis après, le Rideau de fer sur l’expression « Maison commune » rappelée par M. Gorbatchev dans les années 80 ? Or les trois composés d’ECO- qui se répondent ci-dessus mieux qu’en écho recèlent aussi les trois clés de l’harmonieuse construction toujours en cours :

le LOGOS organisateur,

la MUSique fruit de la divine intériorité,

pour finir comme nous avons commencé, mais en avançant, par la loi qui savait déjà régler les déplacements et les emplacements NOMades !

Ecoutons enfin la résonance de l’ECHO : par-delà les figures mythologiques, il fait apparaître précisément le jaillissement d’un accord avec la note perçue, par exemple dans la pratique de la catECHèse accompagnant une préparation chrétienne aux sacrements, mais sans oublier une technique aussi prodigieuse que l’ECHOgraphie.

Une telle arborescence de sons et de sens mérite d’être bientôt complétée : votre patience révélera ses limites bien avant que la matière ne nous manque !

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