Chicane de pâturage et banc sur un sentier du Petit Ballon.

In Memoriam Albert Anfossi.

Les défunts nous précèdent. Un élan les possède, comme un haut-parleur discret et chanteur, pour que l’oreille s’éveille et veille : La vie spirituelle que Joseph nous montre, dit le pape François dans sa Lettre apostolique Patris Corde (Avec un cœur de père) du 8 décembre 2020, n’est pas un chemin qui explique, mais un chemin qui accueille. C’est seulement à partir de cet accueil, de cette réconciliation, qu’on peut aussi entrevoir une histoire plus grande, un sens plus profond. Semblent résonner les ardentes paroles de Job qui, à l’invitation de sa femme à se révolter pour tout le mal qui lui arrive, répond : « Si nous accueillons le bonheur comme venant de Dieu, comment ne pas accueillir de même le malheur » (Jb 2, 10). Joseph n’est pas un homme passivement résigné. Il est fortement et courageusement engagé.

Dans le massif du Petit Ballon.

Même à ceux qui se sont fourvoyés finit par apparaître un foyer : Saint Augustin, poursuit le pape François, s’est demandé : « Ce que ceux-ci et celles-ci ont pu faire, tu ne le pourrais pas ? ». Et il a ainsi obtenu la conversion définitive en s’exclamant : « Bien tard, je t’ai aimée, ô Beauté si ancienne et si nouvelle ! »

Les pâtures du Petit Ballon attendent les troupeaux.

Dès lors, dans notre ombre infernale et sur la froidure hivernale surgit un abreuvoir sous l’arbre : pour mieux voir, pour que la brume là-bas s’allume.

Vers le Petit Ballon, des plongeons de surgeons.

Le lichen inerte par terre dit l’amen qui soudain desserre nos étaux en tréteaux.

La table extérieure se prépare au printemps.

La galerie tressaille : la matière y travaille encore. Le bois dont on fait la vie part en avant nous montrer le chemin d’un art qui sert, obéit, aime et marche, tel Abraham parti d’Ur entre le sable et l’azur, pour lancer toujours d’autres arches.

Mulhouse : église Saint-Joseph. Sa statue en bois se profile à gauche.

Sans orphéon, l’accordéon remue le cœur de la présence qui bat sous nos pleurs en cadence, sur le bois de la Croix où frémissent les prémices.

Vaisseau méridional de l’église Saint-Joseph, statue en bois
de la Vierge d’Annonciation, tabernacle et hommage musical.

2 Réponses de “Du bois dont on fait la vie.

  1. Comme on le tâte avec bonheur, ce bois dont on fait la vie, ce bois qui fut le métier de Joseph transmis à son fils Jésus pendant le commencement de sa vie d’homme. Et qu’il est beau de revenir aux montagnes qui portèrent des forêts qui elles-mêmes portèrent des arbres d’où fut tiré le bois, ce bois dont on fait tantôt un cercueil, tantôt un accordéon, un instrument de musique.. Et je songe à ces bûcherons argentins qui de leur scie apte à couper du bois firent une scie musicale apte à enchanter les oreilles et l’âme, comme si eux aussi avaient “tard saisi la beauté” cachée dans l’hégoïne.

    1. Merci de nous rappeler le voisinage du bois et des muses en l’honneur de cet Albert qui fut ouvrier passionné, père exemplaire, mélomane élégant, sportif enjoué : nous apprenons ainsi qu’un instrument de travail s’est reconverti ou transfiguré, par le génie du (toujours) nouveau monde, en un magique instrument de musique dont la désignation “égoïne” marie deux termes latins, l'”égo” suffisant pour manier cet outil et son office de râpe ou de rabot. Théâme attend d’autant plus impatiemment les futurs enregistrements des mélodies dont il a le secret.

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