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Nous le savons, nous avons deux poumons pour respirer : l’Armada de Rouen qui vient de commencer ne nous contredira pas !

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Or les deux poumons de la foi, l’oriental et l’occidental, déploient sa voile au vent de la misère et au souffle de la miséricorde, pour qu’il soit possible d’espérer toujours mieux, puis de mener à bien les traversées nécessaires, en équipage et sans naufrage.

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C’est ce que suggérait à Strasbourg en 1988 le pape Jean-Paul II et ce qu’a rappelé dans le précédent billet de Théâme Antoine Spohr.

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En ces journées nationales de l’archéologie, tournons-nous aussi vers les pierres tutélaires du premier monastère byzantin qui vit le jour en Terre sainte, gravement menacées par la division humaine, tout près des sources du monothéisme et du premier berceau chrétien. Le nom d’Hilarion le rapproche pourtant de la souriante plénitude qu’implique la Bonne Nouvelle.

Par opposition, par-delà les flots méditerranéens, au-delà des cimes alpines, plus précisément au pied des trois châteaux vosgiens d’Eguisheim, le poids de l’homme et du métal soudain s’envole, prêt à quitter le “plus beau village de France” – plébiscité par les téléspectateurs en 2013 – pour franchir d’autres montagnes, pour entraîner dans son sillage les âmes des villages et des villes vers la clarté.

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Par deux fois au moins, Bruno d’Eguisheim devenu Léon IX avait déjà guidé le clerc Manegold, né sans doute quelques années après lui dans la même Alsace du XIe siècle, sur l’horizon de la réforme et de la joie chrétiennes : en les promouvant au rythme intense de ses voyages et de son dévouement, puis en accueillant dans l’invisible, puisqu’il avait quitté les routes d’ici-bas, le brillant professeur et polémiste Manegold sur les terrains de sa famille, tout près d’Eguisheim, à Marbach qui devint sous sa houlette lieu de réconciliation après les violences suscitées par les Investitures. C’est à Rottenbuch en Haute Bavière que “le maître des maîtres” s’était d’abord réfugié quand, par sa faute et de par sa résistance, entre ses deux traités polémiques “Contre Wolfelm” et “A Gebhard de Salzbourg”, l’empereur germanique Henri IV eut fait détruire le prieuré de Lautenbach où Manegold comptait probablement couler des jours d’heureuse étude après un enseignement mené avec autant d’énergie que d’éclat : un autre familier des pentes haut-rhinoises, Burgard de Gueberschwihr, vint rechercher et dénicher au fond de sa nouvelle retraite active le penseur devenu prieur pour lui confier une ultime fondation, à Marbach.

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Ainsi s’ouvrent inlassablement, largement, à l’est comme à l’ouest, en mettant le cap sur le dialogue et sur la lutte contre l’inhumanité, les poumons de la foi chrétienne pour respirer à fond la grâce de l’espace, pour espérer plus fort que tout récif ou nasse, pour gagner ensemble la haute mer en donnant autant de cœur que de nerfs et, simplement, pour que l’haleine de la liberté souveraine circule à travers les continents, les nourrissant de paix maintenant.

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