Dancer Ludmila Tcherina

Ces jours-ci, notamment par la mise en circulation du billet de cinq euro‘ qu’a décrit Théâme, l’Europe se fête, dans la reconnaissance et l’engagement toujours inspirés par la paix.

942342_592113564140501_700274872_n

Voilà sept ans, l’Association Régionale des Enseignants de Langues Anciennes de Strasbourg publiait dans ses Dossiers, sous le titre  adopté ci-dessus, l’article dont voici les deux derniers paragraphes.

“Réorganisons les éléments de l’énigmatique chevauchée dont la sève anime les soubassements de l’Europe. Dans son parcours et par son courant, la jeune EUROPE, appelée Obscurité à l’orient des côtes méditerranéennes et Claire Perspective à l’occident, aimée autant par sa Phénicie que par le continent qui l’assimila si bien qu’elle le nomma, paraît donner sa forme d’intrépide figure de proue, de fer de lance pacifique, à la fructueuse diffusion des savoirs les plus précieux, et notamment de l’alphabet : à l’image d’un cheval, à l’instar d’un voilier, en même temps, mais plus vite qu’eux, tel un vecteur sa première lettre dégage d’un bond, d’un regard, l’humanité de son inertie cloisonnée par les distances, pour la rendre à son destin de liberté concertée. Le symbole n’est-il pas le garant dynamique de splendides retrouvailles ? La mythologie se montre par là tissée d’intuitions géniales en modélisant par un morphing instinctif les bouleversements techniques, ces révolutions qui régulièrement propulsent l’homme soudain plus loin, par la communication tant spatiale qu’intellectuelle, et au nombre desquelles s’inscrira le bout du tunnel médiéval aussi bien que l’avènement de l’électronique.

Qu’un tel mystère, indissolublement féminin et divin, devienne solution !  Mais puisse avant tout le mythe d’EUROPE nous aider à réaliser une Europe sinon ravissante, du moins énergique et lumineuse ! Car l’Europe doit voir, et peut aller, plus loin ; puisque EUROPE demeure en faction, en action, comme l’intersection du passé légendaire et du futur à faire, comme la mère séduisante d’un avenir en devenir, elle est presque retrouvée malgré l’interruption brutale des recherches de Cadmos, pour peu que les membres de l’Europe aient enfin la remembrance de sa nature, la conscience de sa vocation, et la force généreuse que l’amour seul sait insuffler… L’Europe sera-t-elle solidaire, sinon dépositaire, de l’indéfinissable sourire qui veut à l’infini surgir de sa région natale ?”

… vu – et malgré le fait – que la paix reste difficile sur le sol où bouillonnent toujours nos sources ?

PHOccc78e5e-a2a7-11e2-b279-5b8cebaf6336-805x453

Il se trouve qu’une nouvelle étymologie enrichit le nom d’Europe : en langue sémitique, il désignerait “une belle femme aimante”, donc l’équivalent du prénom russe que porte la danseuse et la créatrice d’Europe à cœur – souvent mise à l’honneur par Théâme, Ludmila Tchérina. Dans ce contexte de dialogue saute-frontières, Jacqueline de Romilly vient de franchir les limites entre la mort et l’essor, puisque son éditeur De Fallois diffuse ce printemps son roman posthume rédigé par plaisir en 1966, l’année même où la grande helléniste présentait en tournée de conférences OMONOIA, la belle notion grecque impliquant l’harmonie spirituelle et l’entente citoyenne

Luxembourg Van Gogh

Dans les détours des allées, des amours, entre Bruxelles et les jardins du Luxembourg, dans l’alchimie des temps et des sentiments, le personnage féminin s’avance avec autant de douceur que de détermination : “Quelle que soit la chance d’arriver, c’est une chance et on la court.” (Rencontre, page 144.) Dès lors, le reflet d’Europe se précise sur ce visage fictif et pourtant fraternel : “La dernière amarre a lâché. Et elle ne s’attendait pas à ce que la surprise fût si grande. Ce n’est plus quelque chose qui chavire, mais tout qui glisse, qui se réajuste. Le navire, enfin libéré, tourne, cherche son équilibre et son vent, reprend appui sur l’eau et dérive enfin, porté par elle, sauvé.” (page 218)

nruxuj2f

Dans la langue grecque précise et nuancée que Jacqueline de Romilly appréciait tant, Clément de Rome utilisait déjà l’image dynamique du phénix renaissant de ses cendres à l’Orient, donc du côté des… Phéniciens et de leur princesse Europe, pour que les fidèles soient plus convaincus de la résurrection.

martyr10

“Celui dont les mains ont créé l’univers, écrivait-il au chapitre XXVI de son Epître aux Corinthiens dans une traduction proposée par Théâme, fera naître une résurrection de ceux qui l’ont saintement servi dans l’assurance d’une bonne fidélité, puisque  à travers un oiseau  même il nous démontre la magnificence de sa Bonne Nouvelle”. Aimons donc l’Europe assez pour lui redonner sans cesse ainsi qu’à ses racines et son héritage l’harmonie de la vie.

phenix

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *