Souriants séraphins en jumeaux jubilants sur le propitiatoire de l’Arche, tandis que l’alliance chante et danse dans une bible allemande du XVIIIe siècle.

Étranges Séraphins devenus des Amours en extase, couchés tête-bêche, œil au jour : quand du peuple et du roi la tristesse s’efface, les tendres Lumières les gravent avec grâce… Entre les deux Testaments passe un souffle de serment : l’Alliance est une promesse sacrée qui jamais ne cesse

Objectif Montréal atteint, comme on voit poindre le matin : la chanson tissée de rencontres et de quête a fini par trouver sa magique interprète, Lynda Lemay !

NUS ET CULOTTÉS s’est rediffusé : joie de la fantaisie partagée, poésie changeant en regard neuf chaque hasard, de la vieillesse à la jeunesse, à l’accord qui prend corps.

Flammarion.

ELSA MON AMOUR

Certes, “notre vie réelle est plus qu’aux trois quarts composée d’imagination et de fiction”, nous murmure Simone Weil à la fin de ce roman de Simonetta Greggio. Mais, précisait le monologue de son personnage célèbre Elsa Morante, “Mes anges me parlent comme ils peuvent”. Et, finalement, “La vie est une folie, sinon elle ne sert à rien” ! C’est ce serment quasi dément que sauve et qui sauve le nouveau Prix Fémina.

NRF Gallimard.

LE LAMBEAU n’est que “décollement de conscience” qui survit, atterré, même au terrorisme, quand le relèvent la grande Chaconne de Bach ou, auparavant, la réminiscence proustienne des grands-mères devenues visiteuses asSERMentées.

Sur l’attente haletante, sur les attentats qui frappent tout bas, un pacte prend acte : sur les Serments de Strasbourg surgit un serment d’amour.

Cathédrale de Strasbourg, Pilier des anges : le Christ en juge de miséricorde par-dessus l’Hologe astronomique.

UN SERMENT D’AMOUR certes pour “la divinisation de l’âme” selon Tauler, mais aussi pour que l’Europe se programme. Merci donc à la Chronique de François Sureau qui chante de Strasbourg le charme antique et beau : laissons le Christ rythmer l’éloge, dépassons avec Lui l’horloge grâce à l’éternel serment fraternel.

Jérôme Do. Bentzinger Editeur à Colmar : première de couverture, voir l’illustration suivante.

MAMIE L’HORLOGE…

…vient de paraître : quand la reliure sur bois poursuit l’œuvre de la Croix, quand la mémoire ouvre sa fenêtre, mieux qu’un roman les vieux serments libèrent des arômes déployant le Royaume.

Mentir vrai… Quatrième de couverture du roman “Mamie l’Horloge”.

 

One Reply to “Il faut des serments, nécessairement.”

  1. Après les serrements de cœur liés aux attentats, il faut des serments de vie pour desserrer les nôtres, et la nativité vient à point avec son récit et nécessairement sa part de légendaire. Merci à saint Luc qui pour les théophiles que nous sommes écrivit cette première page de la fiction vraie du Royaume. Merci à Théâme, à Simone et à Simonetta de nous rappeler que nos vérités les plus profondes ne se peuvent exprimer qu’à l’aide de la fiction. Comment sinon remonter les aiguilles de nos mémoires et faire revivre nos mamies Horloges ? Martine ne nous le dira des siens que de façon à la fois véridique et voilée. La profondeur exige le masque disait Nietzsche. “Vérité aux secrètes larmes”, murmure Char, et la fiction vient sur nos chemins de vie et de coquilles et d’étoiles et de croix comme un linge de Véronique essuyer ces larmes que la pudeur garde secrètes. En dedans cependant, oui, nous sommes “nus et déculottés”. Je me souviens d’un des plus nus de nos Nobel, l’enfant juif hongrois Imre Kertesz qui revint d”Auschwitz avec le pyjama rayé, la plus dénudante des culottes, et qui confia aux journalistes, tant d”années grises et oubliées plus tard, que seule la fiction lui avait permis de rendre compte de la réalité hallucinée des camps. Concernant l'”Ile d’Arturo” d’Elsa Morante, qu’ayant un fils nommé Arthur, étoile et roi comme Arcturus, j’ai lu passionnément, c’est la plus magnifique des îles nues que m’offrit la littérature. Quant à Lynda Lemay, j’ai longtemps, aussi longtemps que Proust se coucha de bonne heure, laissé ses belles chansons à vivre me conduire en voiture au lycée, à 35 km de chez moi. Dans les mystères des serments européens et de leurs langues, que le LAMBEAU devienne THE LAMB, l’agneau de Dieu venu naître dans une mangeoire au pied de laquelle d’innocents bergers, en attendant la légende des rois mages selon saint Matthieu, viennent offrir leur agnelet aux pattes ligotées. Libres et ligotés tels sommes nous, petites brebis de Dieu. Toute vraie littérature nous délie. En ce matin de Noël je redis avec Char : “Nativité, guidez les insoumis, qu’ils découvrent leur base, / L’amande croyable au lendemain neuf”.

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