Strasbourg : « Cour(s) du cheval ».

En constante mue, ainsi vont nos rues… Combien pourraient s’appeler du Milieu ! Le mitan du siècle dernier ouvrit les yeux de leurs enfants tout grand à de nouveaux rivages.

Suivons des rues comiques, telle la rue de l’Ours à Colmar, où se vendaient des chevaux aux sabots sonores. Écoutez ces réminiscences qui caracolent, volent et ruissellent, fraternelles : toute nostalgie est surmontée par la fidèle affection du crayon et la complicité de la plume. Alors ces deux traits parcourent en paix les distances qui, semble-t-il, dévient, mais qu’ils vous offrent en graines de vie.

Serge Bloch, Marie Desplechin, Editions « l’Iconoclaste », Paris, 2018.

Car les souvenirs familiers ne semblent nés que pour relier !

Paris, 2018.

Pittoresques, les rues deviennent picturales, si l’on s’en remet à l’aventure amicale ou bien à la transmission sans rupture ni scission : car, sous le patronage des Muses, filles de Mémoire et du Jour, fuse de la couleur une chaleur que suggère une attique toile chorégraphique peinte, non loin de Colmar, par Hélène de Beauvoir à la même époque de bruits, de colloques, d’humbles sentiers et de chantiers.

Hélène de Beauvoir : colline inspirée.

L’art est ce jeu d’articulations qui dansent à travers l’espace et le temps les plus denses, jusqu’à nos impasses, aux bouleversements prêts à voir rebondir un éternel élan.

Strasbourg, « Cour(s) du Cheval ».

Car les faubourgs recèlent des foyers qui révèlent le triomphe végétal sur le règne minéral et, plus stable que marbre, la sève des arbres, par-delà les mutations profondes des constructions.

Strasbourg : entrez « Cour(s) du cheval ».

Alors vibre dans cette urne l’éclosion du ciel nocturne, plus gracieux et gratuit que la saveur des fruits.

Sylvie Lander : « La Nuit étoilée » dans l’église St-Maurice de Strasbourg.

Sur un immémorial et long village-rue, la lumière tombe de très haut, crue et drue. Comme un fringant cheval, la commune Schleithal frémit en poème, sans nul stratagème, quand des travaux et des jours la mémoire court et sourd, se laissant par d’aimantes mains recoudre l’un à l’autre malgré l’odeur de poudre laissée par les guerres – par tant d’hostilités qu’il est temps d’inventer sans peur la liberté.

Colmar, 2018.

Avec quelle patience, avec quelle confiance, l’ont modestement servie nos aïeux, tendus vers un avenir audacieux !

« Mouda » et sa famille se retrouveront plus lisibles dans l’ouvrage de Thécla Jaubert-Moog.

Avec talent, Thécla Jaubert-Moog(1) rend hommage aux universelles valeurs de son village.

Schleithal en été.

Qu’ainsi nos routes et nos carrefours laissent circuler toujours mieux l’amour de la belle ouvrage et du vrai courage.

Colmar, 2018.

(1)

Première séance de dédicace des Mémoires d’Alsace par Thécla Jaubert-Moog : le mercredi 28 novembre 2018 à partir de 14h 30 à la Librairie Broglie,                                                                  23 place Broglie 67000 Strasbourg.

Seconde séance de dédicace des Mémoires d’Alsace par Thécla Jaubert-Moog : le mardi 4 décembre 2018 à partir de 14h 30 au « Point Lecture »,                                                                       place de la Mairie 67160 Schleithal.

One Reply to “Des rues en mue.”

  1. De la rue de l’Ours à la grande rue de Schleithal, quel bel hommage aux rues de nos villes et de nos vies ! Je songe à Char:
    « Dans les rues de la ville il y a mon amour
    Peu importe où il va dans le temps divisé
    Il n’est plus mon amour
    Chacun peut lui parler
    Il ne se souvient plus qui au juste l’aima. »
    Or Thécla, elle, se souvient et Serge Bloch avec Marie Desplechin. Jouer dans la rue fut un bonheur de nos enfances qui certes ont connu la mue. « Rue des longues haies », chantait le père Duval… Connaissons-nous encore les gens de notre rue ? N’y a-t-il plus de rues qu’au Monopoly ? Bonheur de ces rues retrouvées qui se souviennent des ruisseaux, qui sont parfois ruelles et qu’il faut peindre pour mieux les aimer. On pense évidemment à ceux qui sont à la rue, à ces enfants sans toit qui n’ont plus que des rues, aux rues de Jérusalem qui virent passer un petit âne jamais monté, et notre Sauveur était dessus. Et si le bonheur était dans la rue??? Merci, Theâme, de nous poser ces questions avec nos alliés substantiels que sont les peintres et les poètes. Ma rue s’appelle rue de l’église : elle se termine en chemin des champs et on y entend encore sonner l’angélus.. A nos mains, un désir d’outre-destin. Quelle crainte à nos lèvres demain? Alors avec Char, non, ne craignons pas les mues de nos rues. Gardons leur outre-destin.

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