Service Nature et Espaces Verts de Mulhouse : tapis apparemment formé de roseaux décoratifs. Mais, après vérification, il s’agit plutôt de bambous.

La ville et ses calames , même sous les calamités qui voudraient nous dynamiter, laissent respirer l’âme… A s’entrelacer frémit le passé, de racines, de clarines, d’une espérance qui sourit et d’un message qui nourrit : « D’heureuses paroles jaillissent de mon cœur, chante à mi-voix le psaume 44(45), quand je dis mes poèmes pour le Roi, d’une langue aussi vive que le calame du scribe »!

L’évangéliste Luc écrivant avec un calame près de son symbole : gravure signée I dans une Bible imprimée à Nuremberg en 1763 (cliché A. Hiebel).

De fait, l’escalier du vieil hôtel de ville vibre de tranquilles souffles juvéniles.

Mulhouse, au sommet du double escalier extérieur de l’hôtel de ville, le rouleau touche le linteau portant cette inscription en latin et en alémanique : « Ce n’est pas tant pour des remparts que pour des lois qu’il faut se battre ».

Quels réseaux de fil, de couleurs, tendent passionnément les cœurs ?

Toile créée et installée pour la Noël 2020 notamment devant l’hôtel de ville mulhousien par la décoratrice Marie-Jo Gebel.

Quels cadeaux affrète la fidèle fête ? Ils semblent transparents : nous nous sentons parents dans cette forêt dont la sève paraît irriguer chaque rêve !

Mulhouse, place de la Réunion : décor créé par le Service Nature et Espaces Verts.

Faisons place à la paix : car c’est elle qui sauve les vivants, doux ou fauves, elle qui nous tient prêts à découvrir ensemble des nouvelles, à ce que l’invisible se révèle.

Mulhouse, place de la Paix : des arbres munis d’écharpes et de coeurs tissés.

Ô visages sans masques, limpides comme vasques où le ciel même vient se refléter, où l’inouï secret va se répéter !

Mulhouse, Avent 2020 : Inès, 10 ans, membre du Conseil municipal des enfants.

Que donc la confiance pénètre par chacune de nos fenêtres chez tous ces voisins citoyens, en possession de leurs moyens démocratiques : or la musique juste permet l’accord à l’avenir sans bord…

Dans une rue de Dornach.

Sous le nombre, l’ombre sombre : la nuit devient le métier où se tisse tout entier un réseau de lumières qui circulent et de polyphonies qui se modulent.

Mulhouse, rue du Maréchal Foch.

Car toujours, au bout des rails, attend et brille un vitrail.

Photo d’un cliché pris à Sarrebourg : détail malheureusement flou du vitrail de la Paix créé en 1976 par Marc Chagall (et Charles Marq) pour la chapelle des Cordeliers.

La chapelle pour laquelle Chagall a dessiné celui-ci sort de la mort et de la guerre. Un essor tout proche, parmi les Houillères de Lorraine, saisit des élèves dans sa main souveraine.

Une classe de 4e en 1976 dans un Collège du bassin houiller lorrain.

Car ensemble nous avions eu l’audace d’écrire au « décorateur » de la classe : par la seule force de l’art, d’un bond, un poster avait éteint le charbon, le froid et, pour toute l’année, la suie. Une simple lettre s’en est alors suivie : Vava, la seconde épouse de Chagall, de sa part nous répondait par un égal bouquet de clartés et d’arômes qui nous entrouvrit leur royaume. « Comme la liberté, l’art me semble surtout un état d’âme », disait Chagall, ajoutant « Seul est mien le pays qui se trouve en mon âme ». Et le psaume 83(84) n’est pas loin en rendant grâce au Père pour que nous prenions soin comme frères solidaires, liés en souples réseaux contre toute misère, moins penchants que roseaux, mais pensant haut et beau : « Heureux les hommes dont Tu es la force : des chemins s’ouvrent dans leur cœur ! »

Détail des « Fleurs rouges », gouache et pastel sur papier de Marc Chagall, 1950, dans Gouaches, dessins, aquarelles – Marc Chagall par Werner Haftmann, Chêne, 1975.

2 Réponses de “Des roseaux en réseaux ?

  1. Comme s’entrecroisent bien ici calames et roseaux, fresques et vitraux, chapelles et hôtel de ville et des merveilles d’Alsace et de Lorraine, de Sarrebourg et de Mulhouse ! Accrocher des tentures, des guirlandes, des lumières, prendre soin du décor, c’est repeindre nos âmes en bleu comme dans un vitrail ou un tableau de Chagall, c’est réparer ces âmes dont certaines, en cet Avent masqué, attendent encore néanmoins Celui, « doux et humble de coeur » qui vient les sauver et qui les regardera de visage à visage – comme cette petite INES représentant les enfants de Mulhouse. Emouvante aussi l’image d’une classe qui jadis prit la liberté d’écrire à un artiste (le calame a dû frémir entre les mains des élèves calligraphes), et vive Vava qui évrivit en vis-à-vis… Nous aussi en ces jours encore étranges, chaussons nos calames, comme Luc auprès de son taureau de coeur, et dessinons en quelques mots des vitraux de paix et d’amitié qui iront égayer des solitudes ! Ecrire, dessiner, peindre, n’est-ce pas délier les relations ? Délions, délions…

    1. Oui, pour nous FRATELLI TVTTI, soeurs et frères en salut comme en misère, l’Immaculée ConCEPTION aujourd’hui célébrée ouvre au-delà de nos déCEPTions les bras de la réCEPTion, de l’accueil, de l’inventive acCEPTation, des conCEPTs concrets par lesquels nous « délions les relations » avec la grâce et la force du lion de Juda (Ap 4, 7).

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