A propos de saint André Chong Hwa-gyong, http://www.katakombe.net/images/korea/Santo%20Andreas%20Chong%20Hwa-Gyong.jpg

Un livre délivre : quel étrange périple que celui de l’Évangile entré en Corée par la Chine !

On dirait qu’il circule aussi des livres pour vivre, dont la charge en charme et plaisir se communique instantanément, multipliant sa puissance dynamique : d’Elena , cette romancière tissant de magiques matières…

http://www.undernierlivre.net/lamie-prodigieuse-delena-ferrante/

…à Elsa, la lycéenne prodige qui dirige sa fiction avec autant de science que de conscience : elle avait organisé sa première dédicace dans la cristalline féerie du froid, sous un auvent fin comme un pétale sans poids, avec un chaud sourire nous invitant à lire. De fait, elle nous mène, par des aventures juvéniles et fraternelles, physiques et mystiques, du mot d’enfant “la grâce matinée” inaugurant son premier tome jusqu’au “soir magique” où se lève, avec de nouvelles étoiles, une devise fondée sur “la force du cœur et la richesse de l’esprit”, et qui aiguise l’appétit des lecteurs pour la suite.

https://booknode.com/les_sauveurs_des_galaxies_-_tome_i_02155384

Précisément, Elena Ferrante avait choisi comme exergue de son Amie prodigieuse une citation du Faust de Goethe, qui est bien un livre à jouer sous toutes ses formes, jusqu’aux plus graves ; en voici un passage originel :

“Des Menschen Tätigkeit kann allzu leicht erschlaffen,
er liebt sich bald die unbedingte Ruh;
Drum geb ich gern ihm den Gefallen zu,
Der reizt und wirkt und muß als Teufel schaffen.
Doch ihr, die echten Göttersöhne,
Erfreut euch der lebendig reichen Schöne!
Das Werdende, das ewig wirkt und lebt,
Umfass euch mit der Liebe holden Schranken,
Und was in schwankender Erscheinung schwebt,
Befestigt mit dauernden Gedanken!

(Der Himmel schließt, die Erzengel verteilen sich.)”

Nous reproduisons ci-dessous la traduction de Gérard de Nerval pour cet extrait du Prologue dans le ciel :

L’activité de l’homme se relâche trop souvent ; il est enclin à la paresse, et j’aime à lui voir un compagnon actif, inquiet, et qui même peut créer au besoin, comme le diable. Mais vous, les vrais enfants du ciel, réjouissez-vous dans la beauté vivante où vous nagez ; que la puissance qui vit et opère éternellement vous retienne dans les douces barrières de l’amour, et sachez affermir dans vos pensées durables les tableaux vagues et changeants de la Création.

Le ciel se ferme, les archanges se séparent.

Ainsi le premier Eden préludait à notre amen… Parfois nous côtoie sur terre une joie qui nous ouvre un PARVIS : le seuil Du paradis. Un livre à vivre tout simplement, de la crucifixion à la clarté de la résurrection, nous offre “pour seule compagnie la lumière du ciel”.

Photo de couverture : Françoise Saur, https://pmcdn.priceminister.com/photo/du-paradis-de-philippe-lutz-1098695035_L.jpg

Non, “Le vert paradis des amours enfantines” ne se ternit jamais : avec nous, il chemine puisque l’enfant que nous sommes est en avant de nos sommes… Cessons de calculer comme de somnoler : car le Verbe d’amour est le Jour en herbe !

Maître dit du Haut-Rhin, “Le Jardin de Paradis” (détail), Francfort-sur-le-Main, http://www.rivagedeboheme.fr/medias/images/jardin-de-paradis.-la-vierge.jpg

 

4 Replies to “Des livres à vivre.

  1. Beau beau et beau encore.. Théâme est un bijou à facettes délicates.. Doit-il rester caché ou aussi discret?.
    Une question: amen et éden riment-ils en hébreu. Et l’idée est -elle universelle.
    On espèrerait que,”OUI”.

    1. La prononciation sépharade d’AMEN semble pouvoir rimer avec EDEN, dont l’étymologie implique le nom porté par les “délices” en akkadien, donc dans une langue sémitique vraisemblablement plus ancienne et plus orientale que l’hébreu.
      Mais le rêve du parfait espace où vivre ensemble sans ennui ni déclin paraît universel, en tout cas davantage crédible que le post-humain plutôt… posthume qui va faire l’objet d’un forum strasbourgeois. Serait-ce dans cet esprit d’utopie réalisable que Churchill a dit en 1946 : “En avant, l’Europe”? Il ne tient qu’à nous de dire AMEN et “sans fin sur le métier” de remettre humblement cet ouvrage, en reconnaissant à la fois nos limites et les ressources d’une grâce plus qu’humaine.

  2. Ce paradis de Théâme passe de l’un peu plus loin des saints de Corée à l’un peu plus près du cher maître du Haut-Rhin, mais comme on voyage de livre en livre :chacun d’eux est une galaxie et nous y recevons le “sine dolo lac ” du dimanche de quasimodo, ce lait de la tendresse humaine ; oui l’homme a toujours rêvé du pays où coulerait le lait et le miel et où entre vivants de toutes espèces régnerait l’amitié prodigieuse. A vue de cosmographe notre voie lactée est minuscule. Goethéens Enfants du Ciel où nagez-vous? Et vous chers archanges que l’on fête demain? Et si Martine nous indiquait de livre en livre le chant des pistes? Que chacun donc au gré de la page qui soudain lui sautera au cœur découvre son propre ange gardien personnel et qu’il entre dans la ronde avec Elénaël, Elsaël et Philippéel

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