Etranges plongées superposées en cet après-midi printanier, à travers l’espace et le temps qui passent.

Voici d’abord, aujourd’hui même, la présentation strasbourgeoise par son auteur Daniel Froville d’une biographie éditée par la Nuée Bleue et fort attendue de Pierre Bockel, écrivain, rédacteur, éditeur, prêtre, prédicateur et résistant. Cet ultime titre implique et magnifie tous les autres, dans la paulinienne “liberté de la gloire des enfants de Dieu” (Rm 8, 21).

La belle saison voit aussi se reconstituer, au Musée des Rohan de Strasbourg, l’émouvant puzzle des peintures murales d’Argentorate qui devint, comme le rappelle ici le billet du 22 novembre 2011 consacré au “Bourg de la Route”, Strasbourg au cours des bouleversements culturels entraînés par les vicissitudes historiques : au-delà de cet art antique de l’illusion, Dionysos a les yeux aussi dilatés face à d’invisibles révélations que la personne qui s’avance à ses côtés…

Entre la cathédrale dont Mgr Bockel fut l’archiprêtre et le palais des Rohan devenu cité muséale, un large sentier s’est ouvert : les excavatrices ont commencé leur œuvre. A cette forme du “dégagement rêvé” parcourant le “Génie” de Rimbaud, d’extravagants moutons avaient doucement préludé l’été dernier par l’action pacifique et démocratique de Rainer Bonk : déjà vibre, affleure, le socle porteur, sinon d’une herbe tendre, du moins d’un grès épanoui, d’un large silence inouï : hors du fracas traître, on croirait voir naître la flèche radieuse qui dans trois ans pourtant, au cœur de l’Europe, fêtera ses mille ans.

Avec Europe et Gutenberg, la longue route continue ici et maintenant vers la paix.

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