Au creux d’un sentier citadin.

I. M. Claude Vigée, dont survit le souffle ouvert, ferme et limpide : “Seul le rythme est mon roi”.

Un couplet de chanson nous revient en sourdine… Mais quels vignerons, lapidant, font mine d’hériter (Mt 21, 33-43) ? La pierre jetée est clef de voûte pour la fraternité, comme une table ou bien un câble tendant l’éternité vers ceux qui la voient, qui l’admirent et l’écoutent. Car en la Saint-François, par ce divin message, la lumière fait foi par-delà les orages. Sur le Rebberg de Mulhouse, ancien vignoble, un réverbère se penche : il entend des jardins musiciens, une eau de pluie en puits qui s’épanche. Ô le choc quand un roc vers le ciel s’élève, poussé par les sèves !

20e anniversaire de Folie’Flore, lors des 60es Journées d’Octobre à Mulhouse :
LA PIERRE EN LEVITATION, création de Nicolas Hérrise et Michael Simon.

C’est que les jardiniers de toute la contrée en cette insolite rentrée ont refusé d’être humiliés, jurant que du confinement nul opprobre ne jaillirait sur les Journées d’Octobre.

Installation de Lutterbach à Folie’Flore 2020.

Il suffit d’associer trouvailles et galets pour ouvrir au public de mélodieux palais.

Mulhouse, Folie’Flore 2020.

Dès lors, les abysses deviennent abscisses et même ordonnées : car des trésors nous remettent le soin de leurs ors !

Folie’Flore 2020, pavillon PLONGEON DANS LES ABYSSES,
conçu par Joël Willig et Sylvestre Geny.

Le rêve aura raison de toutes les grisailles jusqu’au cœur de nos cités qu’on croirait déconcerté, pourvu seulement que la clarté nous travaille…

Folie’Flore 2020, RÊVE éVEILLé par le Service Nature et Espaces verts de la ville de Mulhouse avec le concours d’AQUATIQUE SHOW.

De la chapelle désaffectée le plafond cueille pour l’accomplir, le diffuser, le son du chant savant que l’humble guitare par reconnaissance allège et pare.

Voûte de la Chapelle Saint-Jean, Grand-Rue à Mulhouse.

Alors, la fresque jardine en percevant la fleur de la voix sur les pierres du vent.

Fresque de la Visitation (?) mise au jour dans la chapelle
Saint-Jean, au-dessus d’un puits mystérieux.

Tout près, l’église des Franciscains déploie dans ses murs l’itinéraire de la joie et du salut, passant par les branches des arbres tellement plus fortes et précieuses que marbre.

Le fruit originel et l’amour éternel exposés dans ce tableau
de L. Cranach l’Ancien par l’église Sainte-Marie de Mulhouse.

Même un confessionnal nous livre bien plus que la rose et le jasmin, mieux que des pierres dans nos jardins : sans bruit, l’or matinal des livres.

Dans l’église Sainte-Marie.

Déjà germe dans ta racine, / Sous les scories gelées,

Ce feu d’étoiles qui sourdra / Dans l’été vert de ta semence.

Claude Vigée, extrait de Prélude.

Qu’Israël et le Liban joignent enfin leurs mains pour qu’elles soignent…

One Reply to “Dans les jardins de nos pierres…”

  1. Que le germe toujours s’allie à la racine : merci à Claude Vigée de nous le redire. Oui, toute joie naît du rythme et la roue à aubes de Mulhouse semble encore faire tourner en rythme tous les moulins de nos coeurs mulhousiens sur un ancien réverbère. Alors, toute visite ressemble à une visitation et ouvre à un magnificat. Les eaux de Folie’Flore parlent à l’oreille du ciel, les galets de Lutterbach ressemblent à celui, unique, de René Char, “tantôt paresseux, tantôt strident, un galet pour verdir dans l’herbe”. A Saint-Jean, la musique monte vers les voûtes. Clé de voûte et clé de sol aussi légères que des oiseaux : ne les lapidons pas.

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