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Ce n’est pas une ornière – plutôt une lisière entre forêts et beaux palais, dès que le Moyen Âge nous invite au voyage vers l’éternité, sans qu’il faille quitter nos humbles parages…

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Ainsi les savants par leurs études vont bouleversant nos certitudes : pour qui les croit, la renaissance vint à la France depuis les confins d’un Est peu lointain, au seuil du second millénaire qu’a déjà parcouru notre ère, plus précisément du domaine alsacien, de ses vallons florissants et musiciens.

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Voici en effet ce que, dans le volume déjà cité Arts du langage et théologie aux confins des XIe-XIIe siècles dirigé par Irène Rosier-Catach (Brepols, 2011), Irène Caiazzo envisage à travers son article sur Manegold de Lautenbach MODERNORVM MAGISTER MAGISTRORVM, maître des maîtres modernes comme Théâme l’a souvent mentionné : “Le chef de file des maîtres de la Francia serait donc un maître dont l’activité se situe plutôt dans les marches de la Francia ; ce qui aurait comme conséquence de déplacer l’épicentre de la renaissance culturelle du XIIe siècle de Chartres ou de Paris à la Rhénanie de la seconde moitié du XIe siècle” (pages 320-321).

Au moment où, non loin de Lautenbach, le musée colmarien d’Unterlinden assume d’importants travaux d’entretien comme d’extension, soulignons que la lecture du n° 369, hors série, de Connaissance des arts consacré à ce musée et préfacé par le président de la Société Schongauer, Jean Lorentz, demeure plus que jamais d’actualité : au cœur de cette vallée rhénane, des joyaux médiévaux connaissent une nouvelle jouvence, au contact notamment de bains municipaux entièrement reconvertis à des fins muséographiques.

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Nous restons aussi, en quelque sorte, dans la note manégoldienne que faisait entendre vers 1080 le Livre contre Wolfhelm comme pour étancher une soif spirituelle : “Les sondeurs n’ont pas trouvé « la source d’eau jaillissant en vie éternelle »” (chapitre 10, ici traduit par Théâme).

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Mais nous avons au moins trouvé grâce à Irène Caiazzo les Notae Monacenses (Notes de Munich) sur des théories attribuées à Manegold et traduites également du latin par Théâme : “Comme l’âme est d’une nature ignée, pour former la voix elle n’emprunte pas notre air, tout subtil qu’il est, mais celui qui, touchant l’éther, est le plus subtil” (op. cit. page 349). Or en grec le phénomène phonique de la voix se trouve bel et bien apparenté à la nature photonique de la lumière… Précisément, il arrive encore que des voix sublimes soient exaltées et transfigurées avec la paroi la plus verticale au-dessus du val médiéval : d’une manière surnaturelle autant que naturelle, elles entrent alors en résonance avec le massif occidental de la cathédrale de Strasbourg.

2 Replies to “Dans le val médiéval.

  1. L’auteure accepterait-elle que certains de ses articles concernant la culture de cette zone du Rhin Supérieur soient repris sous son nom ou sous “partenaire culturel Théâme” sur Eurojournal.net ? Dans la rubrique Culture und auch Kultur.
    Ce serait sans doute un plus pour Eurojournal.

  2. Voilà une obligeante proposition qui précisément… obligerait Théâme à travailler du côté bilingue, histoire de se hisser au niveau de l’excellent Eurojournal. A suivre, par les fraternelles passerelles qui ne demandent qu’à servir concrètement l’idéal européen de Large-Vue !

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