Cathédrale de Strasbourg : Pietà du XVIe siècle, avec le reflet du nouveau vitrail, dit du Millénaire, où le Christ rayonne et réunit plus qu’il ne règne (2015).

En votre fête, Vierge des Douleurs,  Qu’est-ce qui fait pleuvoir tant de couleurs ?

Nous sommes venus de loin, des places antiques   Changeant nos chantiers en chants qui créent et fabriquent.

Strasbourg-Cronenbourg, écoquartier de la Brasserie : exposition de l’Atelier Pandore fondé par Anatole Boule.

Car un jeune Anatole a su ressusciter

– Sans vider la boîte de Pandore,  Mais pour réveiller la fraîche aurore –

En les essuyant les plâtres d’une cité

Qui retrouva son rôle en bulle immobilière :   Dans l’espace gratuit de la vaste lumière !

Bulle de vente immobilière à la Brasserie : l’écoquartier se reflète déjà sur l’Athènes antique de l’Atelier Pandore.

Telle est la source où les plans   Pouvaient puiser leur élan,

Où le Patrimoine même reprend haleine   Pour que la liberté fructifie, claire et pleine.

D’autres murs ont fait lever en chemin   Nos têtes, du passé jusqu’à demain.

Strasbourg, rue du 22 Novembre : allégorie des quatre éléments, Air, Eau, Terre, Feu.

Mais quel refuge   Dans le déluge

Du bruit, quel seuil   Et quel accueil

Pour ceux que l’ombre expulse, exile,  Qui du sens recherchent l’ASILE,

Un endroit

Sacré, donc inviolable,

Qui se doit

D’être sûr sous les gables ?…

Parfois néoclassiques, les pignons   Séculaires, égrenant les saisons,

Laissaient la misère   Joncher pierre et terre.

Strasbourg, rue des Serruriers : maison de la corporation des Marchands.

Quelle embrasure de chaleur

Chassera la folie   Sous ses paumes polies

Et voudra bercer les malheurs ?

Cathédrale de Strasbourg : la statue du ricaneur est voilée à gauche, l’Horloge astronomique est en travaux à droite.

Au fond, derrière le voile, tressaille   Une présence qui raille : “Déraille”,

Croyons-nous l’entendre dire au Pilier défiant   Les lois de pesanteur !  Les quatre anges déliant

Notre joug de fatigue auront-ils gain de cause   Sur notre ennui morose en leur chair de grès rose ?

Cathédrale de Strasbourg : le Pilier des anges.

Nous restons dans le coin, mâchant un goût de cendre,  Au pied du Juge aimant qui voudrait tant descendre

Soulager le courage abattu, Rendre sa grâce à l’esprit têtu.

Strasbourg : travaux sur un canal de la Petite-France.

Après avoir longé des murs altiers,   Des canaux qu’il faut toujours nettoyer,

L’orgueil qui pue et qui pèche   Jusqu’à ce que tout dessèche,

Nous avons vu l’horreur de la dégradation    Atteindre le portail de la résurrection.

Cathédrale de Strasbourg : le portail central du massif occidental en août 2018, avant la réparation du gable.

Mais voici que, devant nous, contre toute attente,   Le Christ défiguré quitta la mort latente

Pour être à la hauteur des sites visités,   Des sanctuaires français rendus à leur beauté.

Cathédrale de Strasbourg : portail central du massif occidental en septembre 2018, après réparation du gable.

Car l’Œuvre Notre-Dame est toujours au travail

– De même qu’on élague   D’un blog toutes les blagues -,

Surveillant la flèche comme l’humble vitrail.

Et, pour nous laborieux pèlerins en exode,   La rosace d’Alsace en forme de géode

A suscité l’idée d’un ambulant abri,   Rayonnant et léger comme une voûte à plis.

Vous seule, Notre Dame,   Savez recueillir l’âme :

Que la Croix de votre Fils soit “la clef du ciel”   Ouvrant la charité plus douce que le miel…

Quel ASILE   Dans la ville !

Ô les parapluies de Strasbourg ! La rosace de sa cathédrale déploie ses rayons de couleur dans les deux versions de cet utile objet de fabrication nantaise, en vente à la cathédrale.

 

 

 

 

One Reply to “Dans la ville, quel Asile !”

  1. “Soulager le courage abattu, rendre sa grâce à l’esprit têtu,” tel est le pilote secret de cette déambulation strasbourgeoise tantôt dehors, tantôt dedans l’extraordinaire ASILE de Notre Dame de Strasbourg. La piéta certes y rappelle les douleurs mais les anges et la rosace chantent une autre musique. Dans les rues de sa ville Martine promène son amour. Aimer sa patrie, aimer son patrimoine : guerre aux démolisseurs – comme disait Victor Hugo- , paix aux éternels réparateurs : ils rendent son sourire au Christ à la pointe du gable qu’un bec de lièvre semblait avoir raillé. Et que dé-raillent les railleurs et qu’en sourdine sous-rient les anges en bas du pilier. Oui la ville est belle sous le soleil de septembre en cette fin d’été et ses canaux et ses écoquartiers ouverts aux artistes comme une agora d”Athènes et ses façades où la pierre nous fait entendre les quatre murmures de Terre, Ciel, Eau et Feu. Merci Martine au pied léger de nous faire ainsi arpenter ta ville en redécouvrant l’intériorité de ses beautés. Tu nous offres en cent pétales la rose-thé de septembre; chacun d’eux essuye quelque secrète larme de nos douleurs ainsi effacées. Theâme cérémonise un ASILE . Sentez-vous la joie qui bat des AILES au dedans???

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