Avec Daniel Pennac, comme Théâme a déjà suggéré l’honneur et le bonheur de le dire, les contrastes se répondent du tac au tac en jouant à l’ours et à la souris. Esprit et corps, enfance et fiction, divisions et visions, tissent un humour complice, fraternel, créateur, capable de transfigurer la plus épaisse bêtise en une amitié triomphante.

Loin de déroger à la règle, Le Roman d’Ernest et Célestine que vient d’éditer Casterman-Gallimard Jeunesse fait dialoguer personnages de poil et de papier, auteur et lecteur, puis inviter au cinéma les figures d’une bande dessinée bien connue des enfants, et finalement à la vie comme à la vue sa créatrice disparue, Gabrielle Vincent.

Après avoir “lu dans le noir”, il fait ainsi toucher du doigt les sortilèges de l’art qui sont à notre portée, comme si la peinture tout à coup révélait aux aveugles, éblouis par un mystérieux parfum d’appel, ses merveilles d’infinie féerie, grâce aux techniques de pointe généreusement mises au point et surtout au service du partage esthétique, jusque dans les musées les plus vénérables.

Alors, les pentes apparemment impossibles à gravir soulèvent dans le noir le voile du désespoir et nous révèlent d’un coup l’enfantin matin si doux, toujours entre sommeil et veille dans notre âme, dans nos veines et dans les trames de nos existences, jusqu’à la danse de la tendre lucidité. Revenez donc rire entre les lignes de Daniel Pennac, ce professeur de bonne humeur qui sait vous guérir de tous les obstacles, du tac au tac, par un coup de plume ou de hamac ! Allez voir en chair, en os, en voix, Ernest et Célestine qui vous envoient en avant, en crevant l’écran comme – et tellement mieux – que des grands !

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