Ces jours-ci, la chaîne franco-allemande Arte met à l’honneur la construction de l’Union européenne qu’elle-même honore de sa présence, de son ouverture, mais surtout d’un renouvellement juvénile et constant : l’EurOpe ne porte-t-elle pas le nom de Large-Vue qui lui vient de Phénicie, d’une princesse emportée au loin, mais porteuse, et d’un peuple inventeur, voilà trois millénaires au moins, de la navigation comme de l’alphabet, donc de nos moyens de communication les plus inépuisables et durables ?

L’émission diffusée en direct depuis son siège strasbourgeois le soir du mardi 15 janvier 2013 en est un bon exemple : L’Allemagne, la France et vous confrontait, par le gracieux truchement de deux journalistes professionnelles, fraternelles et dans les deux langues, des passionnés attentifs au peuple partenaire comme aux projets d’intégration les plus efficaces, variés et créatifs.

Voici quelques-uns des propos qui se sont alors croisés, préludant à d’autres commémorations du Traité de l’Elysée de 1963 : une “âme franco-allemande” existe, à l’œuvre par exemple au Parlement européen dont les travaux retenaient encore Mme Sylvie Goulard, députée européenne attendue sur le plateau. L’humour et l’amitié ont permis d’envisager “l’être parfait” formé par la mutualisation des qualités allemandes avec les françaises, et pour “penser européen” notamment à Berlin. Car, comme l’affirme avec émotion le metteur en scène Thomas Ostermeier, “l’alliance culturelle est un bagage immortel”, offrant “un horizon” à condition de ne pas vouloir  “comparer” ou “copier” l’autre modèle, mais de refuser “l’amalgame” et de privilégier “la fréquentation” du peuple voisin par la production littéraire, artistique, spécialement cinématographique : par-delà une “barrière linguistique” encore difficile à surmonter, mais avec et comme la jeunesse européenne actuelle, “la culture européenne circule” depuis toujours, entre autres de part et d’autre du Rhin !

Ainsi la formule intarissable aperçue dans les études de philosophie “Un plus un égale trois” se vérifie dans l’entente franco-allemande comme dans les plans de dissertation à la française, la valse, les triades antiques ou la Trinité chrétienne, puisque l’accord ouvre le corps à la fraîche flamme du souffle et de l’âme ! L’architecte artiste Laurent Reynès le démontre à sa manière, ajoutant des “constructions infinies” à ses “constructions voyageuses”, par exemple sur la voie de la réussite qui parcourt d’un bout à l’autre la cour spacieuse – et les têtes studieuses – du lycée Jean-Baptiste Kléber à Strasbourg. Les flocons s’y font flacons de lumière et le labyrinthe y devient tanière : à travers la nuit, le jour se construit pendant que le plus lourd des voiles se gonfle d’un parfum d’étoiles…

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