big-cite_ouvriere1

Parfois un titre court se lève avec le jour.

Les familles amies

formées par les mots

fleurissent d’homographies et de mille homonymies :

c’est un beau cadeau

que ces résonances jaillies du silence !

Il suffit en effet que des noms soient cités pour que la palette qui tisse les cités

s’enrichisse de tons et frémisse de vie, pour que d’anciens termes renaisse une harmonie !

Sachons-le : nomadisme et sédentarité créent les contradictions qui portent les cités,

du cimetière… hors des frontières,

tandis qu’un rythme revient crépiter de présence dans des vers récités.

Ainsi la mouvance avec la dormance

sait cohabiter,

ainsi l’art cinématographique est inscrit dans l’instruction civique

presque depuis toute éternité !

Cités, citer pour ressusciter,

tel est votre devoir de mémoire, plus dense et plus dansant qu’un grimoire,

jusqu’en cet été

de misère et de guerres

tout accidenté,

qui veut s’accrocher aux cordes sûres de la miséricorde.

Il nous faut citer, puis quitter, pour être vraiment incités,

pour que l’écoute nous mette en route.

Dès que dans un cœur citoyen

s’éveille la sollicitude,

puisque l’élan sous-tend le terme “société” dans sa racine comme on l’entend dans “citer“,

la tentation de solitude

se change en moyens musiciens.

5931743477_Jose-Lenzini-pour-Les-derniers-jours-de-la-vie-d-Albert-Camus-Actes-Sud

D’Albert Camus – qui le savait bien – l’esprit flotte :

des sources claires courent sous la mer,

celles de l’étymologie et de la liberté chérie,

rendant les malentendus moins amers.

Par les amis et par les professeurs, il trotte :

sur le bout des doigts, le gamin Albert savait la Méditerranée et l’air.

Il nous revient par Les derniers jours de la vie d’Albert Camus, par la plume ailée et ravie

de José Lenzini ; le dialogue est infini,

dès qu’on effleure quelques extraits de l’ouvrage paru ce printemps dans la collection BABEL d’ACTES SUD :

[Page 50] « je finirai par trouver les mots qui arrangeront tout »…

[Page 87] ‘’Il n’a pas compris que le théâtre est le seul vrai métier qui soit…’’

[Page 93] Comme disait Bossuet : « Il y a une éloquence du silence qui pénètre plus que la langue ne saurait faire ».

[Page 98] ‘’La bêtise insiste toujours.’’

[Page 107] Il avait croisé ces mêmes regards dans lesquels des mots trop longtemps enchaînés mettaient comme une lueur d’espoir.

N’insistons pas, sinon sur des phonèmes ou des sons qui, par l’étymologie et par analogie, en disent long depuis le début de ce billet…  José Lenzini souhaitait “que ces citations incitent à relire Camus et à retrouver les silences qui font également la richesse de son œuvre”. On mesure ainsi la puissance de l’intuition perçue par Camus à Tipasa et gravée dans la pierre sur son rivage : “Je comprends ici ce qu’on appelle gloire : le droit d’aimer sans mesure”.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *