Quand l’entrée dans l’Avent télescope à Strasbourg la fête du Christ Roi, les corbeilles des chapiteaux sentent la musique fleurir et courir, nouant en bouquet l’écoute ardente, créant la Missa solemnis d’André Waignein avec l‘Orchestre d’harmonie de l’Electricité de Strasbourg et le Madrigal de sa cathédrale.

Même le petit chien de pierre baisse ses paupières pour mieux entendre : non loin de la cathèdre de l’évêque, les chaises d’azur glissent sur les fraîches braises du grès, les enfants circulent sans entrave dans les travées et les piliers écoutent les heures déboucher en panier sur l’éternité du cœur, au souffle chantant du chœur : sous la couronne étoilée de Notre-Dame de l’Europe, est-ce le printemps de la Fête-Dieu ? Est-ce la fin de l’année liturgique ?

Les oreilles ensemble se penchent, les partitions balaient le silence d’un coup d’aile blanche et le chant de joie monte, en une langue connue des âmes comme des âges, vers l’alléluia toujours à naître, des dizaines de musiciens rassemblés par l’harmonie de la nouveauté.

De légers sièges bleus tour à tour se perdent, se trouvent, se transforment et s’échangent sous les lèvres des anges.

Les vents avec les voix, les rythmes avec les airs, acclament l’invisible roi qui vient entre les outrages de la croix et les hommages de la crèche. La trompette du jugement va sonner l’accord en tremblant.

Soudain, l’applaudissement se suspend. Peut-être la prière bat-elle de lumière dans les rues de la cité, par les poignées de nos si généreuses Anne qui partagent au fil des siècles une manne : voici la nativité de la paix qui veut être mise au monde, ici, maintenant, dans la nuit profonde.

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