Marnière dans le Territoire de Belfort.

Nageons, plongeons, dans la ruisselante lumière qui ne fait jamais de manières.

https://laminutecinecritique.wordpress.com/2016/10/24/invictus/

Soyons les capitaines de notre âme, parmi tempêtes, ouragans et lames, pour délivrer la conscience, la foi, comme Nelson, à sa suite François :

Invictus

Dans les ténèbres qui m’enserrent
Noires comme un puits où l’on se noie
Je rends grâce aux dieux, quels qu’ils soient
Pour mon âme invincible et fière.
Dans de cruelles circonstances
Je n’ai ni gémi ni pleuré
Meurtri par cette existence
Je suis debout, bien que blessé.
En ce lieu de colère et de pleurs
Se profile l’ombre de la Mort
Je ne sais ce que me réserve le sort
Mais je suis, et je resterai sans peur.
Aussi étroit soit le chemin
Nombreux, les châtiments infâmes
Je suis le maître de mon destin
Je suis le capitaine de mon âme.

William Ernest Henley (1843-1903) s’exprimait ainsi en anglais :

Out of the night that covers me,
Black as the pit from pole to pole,
I thank whatever gods may be
For my unconquerable soul.

In the fell clutch of circumstance
I have not winced nor cried aloud.
Under the bludgeonings of fate
My head is bloody, but unbowed.

Beyond this place of wrath and tears
Looms but the Horror of the shade,
And yet the menace of the years
Finds and shall find me unafraid.

It matters not how strait the gate,
How charged with punishments the scroll,
I am the master of my fate:
I am the captain of my soul.

Mais comment atteindre les cimes quand on s’enfonce dans les crimes ?

https://www.ina.fr/contenus-editoriaux/articles-editoriaux/1985-jacques-deray-presente-on-ne-meurt-que-deux-fois/

Puisque Dieu pardonnera, car c’est son métier (comme l’affirme à la suite de H. Heine le personnage principal du film de Jacques Deray, “On ne meurt que deux fois“), mettons-nous à la hauteur de cette miséricorde. Écoutons la vibration des cloches entre les arbres, entre les toits.

Vue depuis le Hartmannswillerkopf.

Jetzo mit der Kraft des Stranges
 Wiegt die Glock’ mir aus der Gruft,
Daß sie in das Reich des Klanges
 Steige, in die Himmelsluft!
 Ziehet, ziehet, hebt!
 Sie bewegt sich, schwebt.
 Freude dieser Stadt bedeute,
Friede sei ihr erst Geläute.

Friedrich Schiller, Das Lied von der Glocke.

Gérard de Nerval traduisit ainsi ce final de La Chanson de la cloche :

Maintenant, tirez les câbles pour que la cloche sorte de la fosse, et qu’elle s’élève dans l’air, cet empire du bruit. Tirez encore : elle s’ébranle… elle plane… elle annonce la joie à notre ville, et ses premiers accents vont proclamer la paix.

Par-delà même la mort résonne plus clair, plus fort, le chant des cygnes partis de l’Arctique, dont la migration nous ouvre un portique venu du Nord montrer le port. Et voici qu’appareillent ensemble nos oreilles : au Cantus Arcticus qui bourdonne et fredonne, Einojuhani Rautavaara soudain parmi nous réapparaîtra pour que notre âme pivote et se lève en bon pilote.

Quand les pigeons sur leur donjon attendent un signe même humble des cygnes migrateurs, fuit la peur.

 

One Reply to “Capitaines de notre âme.”

  1. Quelle belle chanson de rentrée et comme un aquilon y cogne la cloche qui aurait, en route, pu perdre la foi, la pressant rêveuse d’en être enchantée. Merci pour ces cloches, déesses de nos petites victoires. Certes nous sommes attaqués, mais pas désemparés, afffaiblis par nos plaies irrémédiables mais pas désespérés. Meurt-on deux fois? Des petites morts quotidiennes : de nos prouesses, de nos élans, de nos aimés, nous en croisos bien d’autres, mais si nous demeurons capitaines de nos âmes alors nous serons invaincus. Merci Théâme de nous le chanter dans toutes les langues de l’Europe, par la voix de tous ses poètes et par celles du vaste monde où bat notre coeur, où battent nos paupières et où nos navires battent pavillon clair. Alors nageons dans les marnières de l’été, volons avec les migrateurs du proche automne, sonnons avec la cloche des poètes. Lied, cantus, psaumes et poèmes, rondes et chansons soient nos alliés perpétuels. La victoire sera aussi poétique que politique.

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