Le nouvel éclairage de l’autel met en lumière le BON PASTEUR dans l’église du même nom à Strasbourg : la céramique est l’oeuvre du sculpteur Raymond Keller et du céramiste Claude Ernenwein.

Les céramistes sont des artistes venus de la nuit des temps couler dans l’argile un sang qui l’anime jusqu’aux cimes.

Carreau dit florentin des années 60.

C’est que la matière qui refroidit continue de briller : elle grandit et les cœurs s’y rallument sans qu’elle se consume… Un pareil circuit qui ne tâtonne pas, mais bouillonne, nous parle sans bruit. D’une manière semblable, mais invraisemblable, un buisson mystérieusement ardent remplit un jour l’humble berger nomade Moïse de sa force, libératrice à l’infini, par la seule révélation du NOM jaillie de ce tronc sur lequel peuvent se greffer la délivrance et l’espérance : JE SUIS. Ressortons du rêve, et SOYONS sans trêve, dans le brûlant courant de cette sève noir et blanc qui lève notre élan, sur toutes nos douleurs, en intimes couleurs.

Le Buisson ardent : gravure signée Wirsing et tirée d’une bible imprimée en 1763 à Nuremberg, puis conservée dans le Florival (cliché A. H.).

Alors le feu change la terre en toit, le navire en ange pour tenir droit : parmi les brises passe l’église restaurée comme un bâtiment dont l’ancre plonge au firmament.

A Strasbourg, l’église asymétrique des bateliers, consacrée à Saint-Guillaume, vient d’être rénovée.

Il faudra bien aussi que dans le Florival la collégiale St-Michel, soumise au pal qui la martyrise, la sape et veut sa chute, se dégage un matin : mais quelle voix recrute ainsi dans le secret les bonnes volontés dont nul n’a su le nom, dont les yeux sont fermés ? L’on dirait qu’un prodige invisible dirige d’ardents buissons, du fond de la terre et de nos misères, vers l’unisson pour peu qu’une personne morte, inconnue, rayonne.

Les DNA du 7 avril 2019 évoquent le don posthume d’une bienfaitrice anonyme pour restaurer ce sanctuaire bien plus que millénaire et marqué par l’oeuvre comme par l’action de Manegold de Lautenbach.

 

 

 

 

 

 

 

2 Replies to “Buissons ardents.

  1. On aime ce Bon Berger au teint cuivré dont la capuche est aussi blanche que sa brebis tenue, non sur les épaules, mais comme une mère tout contre soi, un petit agneau de Dieu annonçant celui que Jean-Baptiste désigne aussi comme l’AGNEAU DE DIEU… Ainsi JE SUIS est à la fois celui qui porte et celui qui est porté. Et souvent, dans ce double portage donné et reçu, passe un peu du mystère de nos vies. Nous portons et nous sommes portés et bien ténue est parfois la frontière entre les deux. Théâme est pour nous de douce portance. Ainsi il y a joie à revoir cette gravure du buisson ardent où sont visibles le bâton et les sandales. Ce bâton du berger Moïse sera aussi celui de la force de Dieu, celui qui ouvrira la Mer Rouge et celui qui frappera le rocher. Jésus, lui, renoncera au bâton : un berger sans bâton est un berger qui croit en d’autres forces que les siennes. Il croit aussi à la puissance de la douceur, grâce à qui l’heureux des béatitudes possède la terre. Les sandales sont symbole de la mobilité et de la légèreté du marcheur : Jésus “l’homme qui marche”, et aucun de nous n’est “digne de délier ses sandales”. Au repas de la Pâque, qui va suivre le Buisson ardent, repas pris à la hâte debout, de nuit, sont aussi associés bâton et sandales, et le troisième accessoire-symbole, la ceinture aux reins. Elle dit la mobilisation, la veille. Que cette veille soit nôtre : alors nous sauverons des églises, et aussi la grande Eglise qui s’est laissé traverser par des plaies qui ne seront pas irréparables si nous prenons soin de la réparation des plus petits et des plus blessés. Il y a de notre honneur.

    1. Oui, qu’elle est douce, importante, la mutuelle portance que tu connais, cher auteur de “L’Eté du coeur” (https://www.theame.eu/livres-amis/), modulant l’heureux portage des partages fructueux ! Au seuil de cette Semaine sainte, suivons comme nous pourrons l’ardu, l’ardent, chemin du Christ répercuté par Matthieu (chapitre 10): “Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. Ne vous procurez… ni sandales, ni bâton : car l’ouvrier mérite sa nourriture”. Même sous les frissons des Rameaux, nous recevrons avec Lui couverture d’ouverture et boisson d’unisson.

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