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L’hiver au fil de l’Ill, http://static.panoramio.com/photos/original/13182901.jpg

Le bien-être fait-il plus mal mourir que bien naître ? La terreur pour système : voilà l’erreur de ceux qui n’aiment que leur absurde pouvoir et préfèrent voir le noir envahir la vie. Dès lors, quiconque dévie de cette ligne de mort est privé de réconfort, ne pouvant même pas goûter la tendresse d’une liberté qui pousse et qui progresse… Or nul bien-être ne suffirait au corps, chassé de la matrice et jeté dans la lice, tant que l’âme reste exilée de l’accord.

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“Pro Dei Amor’- Pour l’amour de Dieu” se lit en ce début du Serment bilingue prêté en 842 à Strasbourg, à la limite et par la jonction du langage francien et du germanique, dont c’est l’acte uni(que) de naissance officielle, http://1.bp.blogspot.com/-35WGZSMWEq8/VMqkV66lVAI/AAAAAAAAanw/RRBQC-GLwDg/s1600/Serment-de-Strasbourg%2B842.jpg

Et voilà que les limbes se transforment en nimbe : le long glacial de l’Ill disparaît le péril. Une triple naissance affleure sans aisance… Mais le premier contrat social est fraternel : il donne vie à deux langues comme à l’Europe ! Alors, le soldat s’ouvre aux serments éternels qui dans la lumière font que la paix galope : “la peau de veau” (page 125) sans bruit déclenche une course où la liberté “s’assource” (page 86). C’est que Les Larmes de Pascal Quignard ouvrent nos oreilles “dans le silence du crépuscule” (page 172), comme EurOpe tendit ses regards de l’Orient vers l’Occident, hagard et fruste encore avant l’aurore… Il faut parfois des jumeaux pour mieux juguler des maux ; en tout cas, permettons à deux langues jumelles de prendre soin et voir au loin, prospectant, détectant, les belles étincelles…

Ici, le sapin déploie le matin de la fête qui s’apprête dans la solidarité ; contre la précarité, la place Kléber enfin colle avec son nom et fait école : “Les ressources de la terre, / Si fragiles, éphémères, / Doivent être partagées / Entr(e) tous en équité” (paroles de Chantal Stoeckel et Jean-Yves Ragot, musique de Jean-Yves Ragot, chanson créée pour la semaine de la Solidarité internationale).

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Chantal Stoeckel, Jean-Yves Ragot et leur chanson “Choisissons la solidarité” : le 12 novembre 2016, place Kléber à Strasbourg, cliché Théâme.

Dès lors, le chant ouvre le champ de la danse sans la transe, de l’alléluia traversant le désespoir le plus perçant, de la transparence dans la résonance : ainsi, le “bien-mourir” des artistes n’est pas triste. Il aide à bien nourrir, à faire naître – sous les poids morts de froid – hors du bien-être pour des partages qu’il faut boire à longs traits : “On m’a dit qu’il existe un accord secret”, affirme le premier vers de l’Hallelujah de Leonard Cohen traduit par Greame Allwright.

 

2 Replies to “Bien naître ou mal mourir ?

  1. La balance est encore bien inégale… Arriverons-nous un jour à reconnaître notre pleine égalité avec tout homme et femme ? Ne pas se résigner ni fermer les yeux. Essayer malgré toutes les maladresses.
    Merci pour cet Halleluya chanté avec tant de gravité. Quelles paroles ? Cette joie n’est pas donnée tout de suite…

    1. Oui, après les Serments de Strasbourg, ceux de la Solidarité internationale ENGAGENT sans fin la guerre qu’il faut constamment faire à la guerre sournoise menée par la haine, le rejet, l’indifférence et la seule aspiration au bien-être confortable. Les graves paroles de Leonard débouchent aussi sur cette joie exigeante, encourageante, plus forte que nos lassitudes mortelles : on les trouve ci-dessus, en anglais et traduction, par un clic gauche sur le titre HALLELUJAH. Cette méditation sur la faute et le chant de David comporte également ces vers : “Dans chaque mot un éclat de lumière” et “Devant le Dieu du Chant je me tiendrai”.

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