Coquelicots mulhousiens.

L’an deux mil vingt reste orphelin – sous la charge ennemie de cette pandémie, pour endiguer le mal par un réveil global – du Nouvel An chinois comme du carnaval. Mais leurs parures colorées ou blanches se multiplient et prennent leur revanche : même les fleurs des champs tiennent dans la bourrasque – protégeant, sous leur masque frêle, croissance et chant !

Le coquelicot exposé dans un cabinet d’anesthésie mulhousien : étapes
de sa floraison, du bouton à l’épanouissement en passant par le calice.

LARVE, est-ce un cache ou bien un spectre ? Le lexique européen des savants se délecte aux insectes : il détecte sous les futurs volants l’accord des cordes et du plectre…

Au Marché du Canal Couvert, l’espace est librement rouvert,
mais patiemment la joie sauvage découvre des allées plus sages.

Si l’aveugle au marché – qu’enfin reformée foule, plus calme, la foule – a son chien pour marcher, tout près les bleues rangées des blés ne somnolent pas non plus sur les grillons qui grisollent : du manque de sommeil largement nous console la banque du soleil…

Au cimetière de Morschwiller, au-dessus des longs sillons.

Quelles sont ces feuilles de pierre en palmes sur le crucifié ? Hors du sombre lierre, l’éclair s’est délié : sur la mort est clouée la vie. Dès lors, claque de l’harmonie la voile, qui vient nous marquer pour nous embarquer, tandis que les livres patiemment se livrent sur des planches en bois pour les soifs aux abois.

Le maillage du voilage filtre le matin en mât de satin, en étoile d’éternité.

De la glèbe à nouveau creusée, du sol soumis au virus souterrain, mais sauvé par le Verbe souverain, la plainte en joie s’est modulée.

Mulhouse, le pont du Marché.

Et, dès que les eaux eurent fait le gros dos, se déclarèrent en retard les impôts… Qui croirait qu’un peuple qui se “déconfine” de mille mines s’illumine ? Décantation, incantation : la fauvette, bien qu’inquiète, n’en perdra pas une miette.

Un oiseau dans le rideau se reflète, vibre et becquette.

Mais, la bouche bouchée, les enfants jouent à la douce façon des faons sur la distribution des grâces fraternelles : leurs cris étouffés se joignent aux hirondelles.

Jouets et chocolats distribués par la Conférence Saint-Vincent de Paul.

Le printemps est “venant” : quelles vasques laissent trembler leurs flots – leur houle qui roule – d’haleines ou de mots sous nos masques ? Et quelle vérité sourde insuffle à nos “mufles” une autre humanité ? D’un pas chaloupé le pape François lève la soupape du confinement par le soupir de la prière qui sait unir. Des lis la corolle se met à l’école du Ressuscité qui vient abriter Son signe perceptible aux âmes, plus sensibles. Regardez-Le palpiter sans qu’on s’accroche à Ses basques. Sans armure ni casque, l’Esprit va perler, la sève parler. Ne nous lamentons donc pas sur nos mascarades : de bâillons en maillons, ensemble escaladons jusqu’en haut les cascades. Nul besoin de baisser les masques si les cœurs, à travers les métamorphoses qui ne connaissent pas de pauses, montent par l’Ascension dans l’amour créateur.

Capture d’écran de KTO : à gauche, le bas d’une Résurrection,
à droite l’ornement floral sur l’autel de Sainte-Marthe.

One Reply to “Bah, les masques !”

  1. Malgré les coquelicots si rouges, ou si imminents dans leurs bourgeons gonflés, il fait frémir, ce masquage des enfants qui semble contre-nature. On les confie alors, eux et leurs aînés, aux deux saints de ce billet, Vincent et Marthe, deux saints qui ne furent pas juste des rêveurs de Dieu, mais des acteurs de son opérante tendresse, sachant prendre soin du monde et de ses pauvres, et pourtant portés ô combien par le Christ de lumière et d’aube transperçant tous nos voiles.

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