Parfois un oiseau tacheté vient à nos fenêtres frapper…

Pourquoi ces jalousies, ces judas, ces lunettes   De soleil si chouettes, même ces “gargoulettes”

Dont on croit entendre le doux ruissellement    Dans l’étymologie arabe du battant

Appelé moucharabieh, alors que la vue     Réciproque permet seule qu’on évolue ?

Réplique en plâtre du Moscophore antique, qui porte son veau dans une bulle immobilière à l’écoquartier strasbourgeois de la Brasserie.

Or le verre est parti d’un littoral lointain   Et de millénaires qu’on imagine en vain,

De conserve avec les toutes premières lettres   Et les bateaux forçant la mer à se soumettre…

Strasbourg : devant l’église Ste-Madeleine, un muret en moucharabieh.

Comment expliquer que les Phéniciens

Sans rien dire   Et sans lyre

Devinrent souverains musiciens

Pour que l’inhumaine distance   Diffuse soudain l’espérance,

Pour qu’entre murs mitoyens

Sans chicanes   Qui cancanent

Mûrissent des citoyens,

Pour que parmi les bêtes   Nous relevions la tête

Et pour que nous nous parlions

– À travers Eur-Ope   Qui souffle et galope –

Entre accord et rébellion ?

Présentation de la démocratie athénienne à l’espace strasbourgeois libéré par la Brasserie Kronenbourg.

Cette obscure Phénicienne n’erre

Pas depuis la nuit des temps :

Elle élargit les perspectives   Selon son nom, de rive en rive,

Puis incarne, en traversant

Flots et nuit sur son taureau solaire,

Le trésor évolutif

Alphabétique    Et puis nautique

Offert à ses frères rétifs   Parmi les écueils, les récifs…

Qu’ainsi paraisse et toujours naisse,

Par mille recours – Dont Vision Strasbourg -,

Sans paresser la jeunesse

Loin des mouroirs   Et des miroirs.

Quartier Européen de Strasbourg : le théâtre du Maillon est en chantier sur la route du Centre Européen de la Jeunesse.

Rappelons-nous le film d’Agnès Varda Visages,

Villages : nous vivons ensemble en nous sauvant

De l’inhumanité sauvage face au vent

Qui, nous portant, répète avec force “Oh, vis l’âge

Des proches ou défunts, recherche le rivage

Que tu cultiveras sans pouvoir t’habituer”.

Chartres : Notre-Dame de la Belle Verrière.

Entre l’exigence éternelle   Et l’étincelle fraternelle,

“Le visage est ce qui nous interdit de tuer”,

Levinas le tenait d’une source immortelle !

Strasbourg : le Temple-Neuf en travaux.

D’après Wim Wenders, “les ailes du désir”   Par l’admiration se laissent ressaisir.

Mont-Saint-Michel : l’archange en plein vol sur la pointe de la Merveille.

Bouches et langues jouent entre elles

Pour que “la terre, mère et sœur”,

Respire des phrases plus belles :

“On ne voit bien qu’avec le cœur”.

Ainsi la trajectoire de la Parole   Nous entraîne en son immense parabole…

Ce qu’a dit Antoine de Saint-Exupéry    Par le pape François prend forme dans l’esprit,

En nouant les liens du bien sur une ligne claire    Qui vient à notre tour nous inviter à faire…

Pour pouvoir s’entraider,

Pour que la colombe   De la paix ne tombe,

Il faut se regarder

Au village   Des visages.

 

 

One Reply to “Au village des visages.”

  1. Visages Villages… Oui, Agnès Varda, oui, Théâme, oui, Emmanuel Levinas, oui, François de Dieu, oui, Saint-Exupéry : “Visages sous vos traits la terre se regroupe”, écrivait René Char à Victor Brauner, visages dont la vulnérabilité exposée commande de ne pas tuer son frère : “je suis responsable d’autrui, dût-il m’en coûter la vie, sans attendre la réciproque, la réciproque c’est son affaire”.
    Ce fondement de l’éthique par le visage permet que l’œil écoute, sans judas, sans jalousie sans moucharabieh, sans lunettes qui déforment. Il faut écouter, nous redit François, il faut lire nous dit le Temple-Neuf de Strasbourg. Car, si nul ne voit les faces de YHWH, du moins peut-on chercher Son Visage (et notre ressemblance avec Lui) à travers Sa parole. Visage nuptial, dit Char, visage dénudé, phare de l’œil qui écoute et qui voit aussi et qui voit avec le cœur, car il n’est aucune vaste vue dont la lueur ne soit pas aussi montée du dedans. Dévisager nos villes, comme Théâme dévisage Strasbourg de billet en billet, dévisager leurs églises, leurs quartiers, leurs quais, leurs chantiers, leurs grues, leurs brasseries, leurs agoras, c’est y retrouver des villages, des “places du marché où jouer de la flûte fera danser” des visages. Un ange là-haut, de toutes les ailes de son désir, applaudira. Alléluia.

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