Sur la cheminée de l’Ancienne Tuilerie mulhousienne, avion, oiseau et “L’Homme-Oiseau” de Louis Perrin.

Fil de chaîne ou de scolopendre ? Voyez l’humaine salamandre sur laquelle descend le ciel incandescent !

En ombre chinoise, apparition d’un fleuron dans le ciel mulhousien : DMC.

Un fil de trame les croise, les coiffant mieux que l’ardoise : un chenal de cheval, une crinière chenue, une lumière ténue.

Le réfectoire des ouvriers n’est pas mort : aucun des bancs déserts ni le torrent ne dort…

Fil de chaîne, fil de trame : debout ! Voici qu’un mur intérieur brûle et bout.

La rue des Brodeuses n’est plus miséreuse : un Mur d’Escalade se construit dans le vide où la cascade bruit.

Fil de métamorphose et d’escalade : chaque œil-de-bœuf grimpe et part en balade.

Une des façades millésimées de l’usine DMC, coiffée de son fringant emblème.

Dès lors, le fier destrier redevient simple ouvrier : même le dimanche se tissent des manches dans les modernes conteneurs nervurés de vives couleurs. Ils ont choisi cet espace pour pouvoir se retrouver, pour parler de l’humanité qui leur demande sa place.

Dans l’espace DMC, rassemblement des sept conteneurs de Mulhouse Métamorphoses qui avaient été remplis, installés et ouverts l’été dernier aux quatre coins de la ville.

Fil de l’air, donne-nous des ailes droites pour que nous osions sortir de nos boîtes.

Un des conteneurs de cette métamorphose mulhousienne en cours.

Fil du temps, viens, étends l’envergure de la ville où s’épanouissent, tranquilles, la nature, l’amitié, l’aventure des métiers…

Un tatou s’est-il posé pour tatouer et réveiller la porte condamnée ?

Lorsque le fil de la jeunesse ouvre les bras de la promesse, on arrive à réhabiliter pour peu qu’on veuille ré-habiter.

Comme animateurs et veilleurs de MULHOUSE METAMORPHOSES, de fortes pousses ont jailli de Bourtzwiller, de Reiningue et d’ailleurs, repoussant l’ombre et les décombres : de gauche à droite, Yacine, Hakan et Florian.

Au fil des rencontres, la solution va surgir et se montre comme un cœur qui bat. Entrez dans cet éphémère village : recyclage et reconversion reliant aux âges les rivages sont une école de résurrection… Usine en ruine, briques en haillons, deviennent maillons d’une chaîne solidaire, pistes d’une route claire.

Moisson de messages comme une légère mosaïque dans le conteneur Nature, au contenu de verdure.

Au fil de l’Ill se devine et chemine l’invisible, humble, “Peuple du Muret” : un troupeau qui voudrait pouvoir paître la paix.

Au bord de l’Ill canalisée, un refuge s’écrit et se crée, comme pour inviter à mieux réinventer les chances mitoyennes et la vie citoyenne…

Alors, Mulhouse, sur la pelouse des champs si doux et si fins, fais tourner tous tes moulins de tendresse et d’adresse.

Près de Reiningue foisonne et luit le colza d’automne.

2 Replies to “Au fil de Mulhouse.

  1. Voici un billet filé et qui fait tourner comme des fileuses leur rouet les aubes de tous les moulins du coeur de Mulhouse. Car c’est au fil de l’Ill que jaillit Dollfus-Mieg dont le cheval d’emblème semble un oiseau hennissant. Honneur au peuple des murets que Théâme rend moins furtif… Et voici que l’ancienne usine dont les patrons furent, envers leurs ouvriers respectés, des maîtres vraiment paternels, hérite de ce passé bienveillant et revêt autrement son manteau d’humanité. Superbe métamorphose engagée pour le bien des personnes: la poésie des cantines rejoint celle des containers, se mêlant aux salamandres et aux tatous qui ajoutent au réel revisité leur petit fil d’or d’irréel ressuscité. Ainsi s’imaginent nos villes, et sur un patron de poésie seront brodés leurs nouveaux habits. Le célèbre coton perlé n’a pas fini ses broderies. Mulhouse pour ses FILS du siècle XXI reprend ses FILS du siècle XIX : il a suffi entre les deux X d’enfiler le I autrement et de donner au L sa valeur labiale ou mouillée. Que de bondissants chevaux-chameaux par le chas de telles aiguilles !

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