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AMOUR ET VERITE SE RENCONTRENT : https://www.artmajeur.com/files/patrickchupin/images/artworks/650×650/2282249_DSCN2746.JPG

Un psaume fameux (85 ou 84) module une infinie aspiration : AMOUR ET VÉRITÉ SE RENCONTRENT. Or ces jours-ci ont vu, comme aboutissement des longs débats menés à travers l’Eglise dans le cadre du Synode sur la famille, la diffusion de l’Exhortation apostolique intitulée par le pape François AMORIS LAETITIA. On peut y relever maintes citations porteuses de cet AMOUR source de JOIE, car en perpétuelle quête de RENCONTRES authentiques et de VÉRITÉ :

4.

le parcours synodal a été d’une grande beauté et a offert beaucoup de lumière.

8.

“Toute maison est un chandelier.” [Jorge Luis Borges, “Calle desconocida”, dans Fervor de Buenos Aires, 2011.]

11.

Le couple […] est la vraie “sculpture” vivante

22.

la parole de Dieu [apparaît]

comme une compagne de voyage

90.

[L’amour] met sa joie dans la vérité. (Première Lettre de Paul aux Corinthiens, 13)

91.

La patience de Dieu est un acte de miséricorde envers le pécheur et manifeste le véritable pouvoir.

114.

Cette confiance de base reconnaît la lumière allumée par Dieu qui se cache derrière l’obscurité, ou la braise qui brûle encore sous la cendre.

123.

Après l’amour qui nous unit à Dieu, l’amour conjugal est “la plus grande des amitiés”. [Thomas d’Aquin, cf. Aristote.]

129.

Le Festin de Babette [:] la généreuse cuisinière reçoit une étreinte reconnaissante et un éloge : “Avec toi, comme les anges se régaleront !”

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Stéphane AUDRAN : http://www.leblogducinema.com/wp-content/uploads//2011/11/El_festin_de_Babette_fotograma.jpg

156. 

“Soyez soumis les uns aux autres” (Lettre de Paul aux Ephésiens 5, 21).

165. L’amour donne toujours vie.

191.

“Ne me rejette pas au temps de ma vieillesse, quand décline ma vigueur, ne m’abandonne pas” (Psaume 71, 9).

193.

une famille qui se souvient est une famille qui a de l’avenir.

287.

La transmission de la foi suppose que les parents vivent l’expérience réelle d’avoir confiance en Dieu, de le chercher, d’avoir besoin de lui, car c’est uniquement ainsi qu’un âge à l’autre vantera ses œuvres, fera connaître ses prouesses (cf. Psaume 145, 4)

294. 

Jésus avec la Samaritaine (cf. Bonne Nouvelle selon Jean 4, 1-26) : il a adressé une parole à son désir d’un amour vrai, pour la libérer de tout ce qui obscurcissait sa vie et la conduire à la joie pleine de l’Évangile.

306.

“Comme en danger d’incendie nous courons chercher de l’eau pour l’éteindre, (…) de la même manière si surgit de notre paille la flamme du péché et que pour cela nous en sommes troublés, une fois que nous est donnée l’occasion d’une oeuvre de miséricorde, réjouissons-nous d’une telle oeuvre comme si elle était une source qui nous est offerte pour que nous puissions étouffer l’incendie.” [Saint Augustin, De catechizandis rudibus.]

325.

Cheminons, familles, continuons à marcher ! Ce qui nous est promis est toujours plus. Ne désespérons pas à cause de nos limites, mais ne renonçons pas non plus à rechercher la plénitude d’amour et de communion qui nous a été promise.

Puissent de tels extraits encourager à parcourir en entier cet itinéraire actuel et constructif, dont nous avons relevé quelques jalons rayonnants dans le sillage du psaume 84 (ou 85). Le même poème affirme ensuite prophétiquement JUSTICE ET PAIX S’EMBRASSENT : ne s’embraseraient-elles pas plutôt en ce moment ?… L’actrice Yolande Moreau, qui vient de réaliser magistralement un courageux, lumineux, brûlot d’émotion et de révolution intitulé Nulle part, en France, nous répond par un cinglant témoignage.

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Saurons-nous entendre ce cri d’alarme et d’amour, allumé par la plainte de tant de frères, relayé par la miséricorde, amplifié par son tragique jubilé ? Dans cette espérance, dans cette vigilance, écoutons et réalisons la fin d’une hymne elle aussi latine, millénaire et familière, un canon qui lance comme boulets l’accord des voix, la justesse et la paix…

VBI CARITAS ET AMOR : OÙ SE TROUVENT LA TENDRESSE ET L’AMOUR, là se trouve de Dieu le doux séjour. Mais enfin, quels refuges construirons-nous contre tant de déluges de conflits fous ? Sans doute n’y a-t-il que la prière qui vaille pour que l’esprit humain correctement travaille ! Mais, si “le temps est supérieur à l’espace”, comme le répète le pape François (depuis Evangelii gaudium, 2013, n° 222), c’est qu’il est le seuil battant de l’éternelle communion. Mort en 2015 à 106 ans et toujours au travail, Manoel de Oliveira ne s’était pas imaginé en tournant son testament cinématographique de 1982 que Visite ou Mémoires et Confessions attendrait d’aussi nombreuses années pour paraître, avec sa dimension décalée, mais sans l’ombre d’une poussière : oui, visite signifie bien dans les langues latines dépasser la curiosité, voire l’indiscrétion, pour que la vision approfondisse, contemple, médite et dialogue. Dès lors, de l’agriculture à l’architecture, du pin pleureur au magnolia, du mât aux “étranges étrangers”, la maison reste un navire dont l’occupant passager s'”éclipse” en y laissant veiller la Joconde et Beethoven, “l’enfance royale” et “les horizons intimes”, comme des pas respectueux sur un céleste escalier qui nous entraîne ensemble loin de nos limites, vers la vivante vérité de l’amour : “La maison n’est que l’endroit où je peux m’entendre avec quelqu’un”.

 

 

 

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