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Voici trois manières, différentes au point d’être convergentes, de nous changer en amis de la grâce – surtout qu’elles se sont révélées successivement par la grâce des amis !

Un colloque s’est tenu à Strasbourg sur le thème Quête d’identité, quête de pouvoir, dans la littérature des premiers siècles chrétiens. Il a donné lieu au volume dirigé par Françoise Vinel, sous le titre Ecrire contre… Par cette expression qui semble rester en suspens, la directrice de l’ouvrage collectif nous encourage indirectement page 132 à chercher, dans le sillage de saint Augustin, avec une netteté courageuse, comment guérir encore aujourd’hui tout “ennemi de la grâce” (page 132) dans nos Etats modernes, notamment dans un but suggéré par la préface du professeur Jean-Marie Salamito : pour “que les religions soient vraiment des religions, c’est-à-dire des élans vers une transcendance plutôt que des revendications identitaires” (page 31).

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Tout à coup, l’école devient boîte… à musique : un rythme fraternel fonde les républiques jusqu’à ce que les éclats de rire lancent l’ola. Quand elle crée, la poésie, comme l’étymologie le sait et comme l’inspiration le fait, en silence remercie. La danse sait proposer la chance, puis embraser d’obéissance nos silences en un chant où l’espace devient champ, où l’on passe sans heurts, en chœur, où toutes les pages se font équipage vers l’envoi de la voix, pour que nul ne haïsse, ne trahisse, mais hisse la liberté aux mâts de l’harmonie et de la grâce amie, dans la gaieté consciente, dans la clarté “con-fiante”. Le cénacle noir comme un entonnoir a fait largement place aux amis de la grâce : on dirait que la cité soudain a ressuscité sous le tissage ailé des âges. L’oreille nous a mis aux lèvres des fourmis : dans l’obscurité fredonne la mémoire qui rayonne. “Monde mal fait”, hurlaient enfants et jeunes gens ; mais, dès qu’ils s’accordent, naît un commencement… Car ils savent ECRIRE POUR de nouveaux sourires.

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“1 + 1 = 1″… Joseph Delteil savait ECRIRE CONTRE autant que POUR. L’adaptation de son François d’Assise pour ainsi dire complétée par Christian Bobin, Falk Richter et Jean-Claude Van Damme – sans oublier les images de Zeffirelli – rend à l’ancienne Laiterie de Strasbourg son simple breuvage radieux, aux ruines de la friche un frais élan de biches, au festival ThéâtrAlis son capiteux parfum de lys, à nos “voiles intérieures” une brise supérieure, enfin à tant d’amis les fruits de la grâce toujours gratuits…  Car, nous prévient l’auteur – qui a gardé jusqu’au bord de la mort comme le poverello, comme Georges Bernanos, l’esprit d’enfance, c’est-à-dire de l’évangile, “tout homme peut être franciscain, peut être françoisier, sans croire à la sainteté de François. Drôle de saint, dites-vous. J’avoue en tout cas que j’ai écrit ce texte dans une folle émotion, tantôt criant de joie, tantôt ruisselant de larmes.”

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«Je vous aime, oiseaux, parce que vous connaissez le vol, déclare François par la plume de Joseph. Vous êtes le prolongement de mes yeux et la personnification de mes rêves. Je vous sens autour de moi et je vous sens en moi. Vous êtes mes satellites, et je suis votre planète centrale. » Le Festival d’Avignon se lançait à cette heure une fois encore sur les traces de Jean Vilar : et nous voici, en plein Strasbourg, à Villar-en-Val.

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Grâce aux amateurs, créateurs et professeurs que sont Christophe Lebold et Cécile Clauss, par la grâce de leur Compagnie Les Gens, nous devenons sinon plus intelligents, du moins prêts à d’autres métamorphoses, entre les roseaux poussant en réseaux, parmi les essors nocturnes des roses. Bonsoir, théâtres : bonjour l’été !

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